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Je me souviens : 7 voix pour 7 lettres du D-Day

Je me souviens : 7 voix pour 7 lettres du D-Day

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clock Publié le 29 mai 2024

Sept lettres écrites par des acteurs et témoins du Débarquement en Normandie ont été mises en voix par de jeunes lycéens de Caen. Un projet vidéo de la Région Normandie pour célébrer le 80e anniversaire du D-Day et de la Bataille de Normandie.

Comment rendre hommage à celles et ceux qui ont vécu les terribles événements du D-Day et de la Bataille de Normandie ? Pour ce 80e anniversaire, la Région Normandie a choisi de faire lire par de jeunes lycéens en option théâtre au lycée Malherbe de Caen, des témoignages de civils et de militaires ayant été plongés dans la tourmente de la Seconde Guerre mondiale.

Sur les conseils du Mémorial de Caen, l’équipe de production s’est penchée sur le passionnant ouvrage de l’historien Jean-Pierre Guéno, Paroles du Jour J, Lettres et carnets du Débarquement (été 1944). L’ouvrage a paru une première fois en 2004 et a été réédité en 2024. Il constitue une véritable mine d’or. Il contient des extraits de lettres, de journaux intimes d’époque et de récits écrits de la main de soldats et civils qui ont eu rendez-vous avec l’Histoire, en Normandie, sur le territoire de l’opération Overlord .

« Ce livre est dédié à tous ceux qui auraient eu vingt ans après la disparition d’Hitler et qui, en nous offrant leur vie, ne profitèrent jamais de la liberté qu’ils rendirent aux enfants et aux petits-enfants de leurs ancêtres et de la vieille Europe »

Jean-Pierre Guéno

Ils sont Allemands, Américains, Anglais, Canadiens, Français. Tous ont été confrontés à cette terrible bataille, l’une des plus grandes de la Seconde Guerre mondiale. Elle a mobilisé quelque 3 millions de soldats ! 
Sept lettres ont été choisies dans cet ouvrage et ont permis de produire cette série de vidéos. Une nouvelle occasion de dire à nos aïeux ainsi qu’à toutes les générations qui ont suivi : « Je me souviens ». 

Merci à Jeanne, Pénélope, Martin, Zélie, Sacha, Elisa et Léon pour leur enthousiasme et leur engagement sincère dans ce projet. Et merci à l’historien Jean-Pierre Guéno pour sa confiance et sa passion.

Pour connaître tout le programme des festivités et commémorations, rendez-vous sur 80e-normandie.fr

Paroles du Jour J, Lettres et carnets du Débarquement (été 1944), Jean-Pierre Guéno, Nouvelle édition, Librio. 

Gwenn-Aël Bolloré : un jeune Français avec Kieffer

« Pas un bruit. La brume achève de se dissiper, laissant apercevoir, là-bas, vers le sud, une mince bande noire : la terre de Franc »

Le commando Kieffer
A l’âge de 17 ans, refusant l’occupation allemande, Gwenn-Aël Bolloré s’embarque pour l’Angleterre et s’engage dans les Forces françaises libres. Il devient l’un des 177 soldats français du commando Kieffer, nom donné au 1ᵉʳ Bataillon de fusiliers marins commandos créé au printemps 1942 en Grande-Bretagne avec à sa tête le capitaine de corvette Philippe Kieffer. 
Il s’agit du seul contingent français à avoir débarqué le 6 juin 1944 sur les plages de Normandie, plus précisément à Colleville-Montgomery (Sword Beach). Leur objectif militaire : reprendre le casino de Ouistreham aux Allemands qui en avaient fait une véritable forteresse.

Gaston Decroix : un civil normand se livre en plein bombardement

« Du plâtre tombe au premier sur le lit de Christiane, un éclat dans la cour ; des tuiles chavirent sur le garage et peut-être sur la maison même, car nous n'osons pas encore nous exposer au hasard des bombes… »

Riva Bella sous les bombes
La libération de la commune de Ouistreham-Riva Bella débute le 6 juin 1944 et s’achève trois jours plus tard, le 10 juin à 2 heures du matin. Les forces alliées ont dû batailler pour prendre aux forces allemandes les ensembles de bunkers et postes de tirs que ces derniers avaient érigés pour défendre le site hautement stratégique de l’embouchure de l’Orne. Pour parvenir à leurs fins, les Anglais ont d’abord débarqué à Hermanville-sur-Mer pour envoyer ensuite le commando Kieffer appuyé par des chars prendre Ouistreham. 

Douglas K. Waite : un soldat britannique dans les ruines de Caen

« Caen paraît changer. Toutes les âpres couleurs de ses ruines s'adoucissent aux dernières lueurs du jour et, dans la grisaille poussiéreuse, les silhouettes brisées aux angles vifs s'amollissent »

Caen détruite : le malheur des civils
Du 6 juin au 17 août 1944, Caen subit des vagues de bombardements aériens et de tirs d’artillerie des forces alliées et de l’armée allemande. La cité normande est un nœud de communication et un secteur clé pour donner accès à la Seine et à Paris. Les Caennais trouvent refuge dans différents édifices religieux et nombre d’entre eux finissent par fuir la ville. En juillet 1944, près de 70% des logements sont sinistrés.
En valeur absolue, c’est la ville de Caen qui a le plus souffert avec la mort de 2 000 personnes lors des bombardements. Le 3 mars 1945, la ville de Caen est déclarée sinistrée par décret. Elle connaît une longue période de reconstruction de 1947 à 1960.
Au total, la Bataille de Normandie a provoqué la mort de 13 632 civils dans les trois départements bas-normands : 8 000 dans le Calvados, un peu moins de 4 000 dans la Manche, un peu plus de 2 000 dans l'Orne. A titre de comparaison, les Alliés ont perdu 37 000 hommes au cours de la Bataille de Normandie et les Allemands environ 80 000.

Edward Rhodes Hargreaves : un sapeur britannique au secours des blessés

« Je pense que la guerre est la chose la plus désastreuse que l'homme ait conçue, et qu'elle doit être évitée à tout prix ; mais je préfère encore être un soldat au feu que de rester à l'exercice à l'arrière »

Sword Beach, secteur de débarquement franco-britannique
La major britannique Edward Rhodes Hargreaves débarque le 6 juin sur Sword Beach ; il intervient alors sur les plages pour soigner les blessés, jusqu’à ce que son unité retrouve sa vocation première : le ravitaillement en eau des troupes. 
Sword Beach est le nom de code donné par les Alliés au secteur franco-britannique. Il correspond aux communes d’Hermanville-sur-Mer, Colleville-Montgomery et Colleville-sur-Orne. Initialement, le secteur du Débarquement ne devait pas aller au-delà de Courseulles mais le général américain Eisenhower, commandant en chef du Corps expéditionnaire allié en Europe, et Montgomery, commandant britannique de l’ensemble des forces terrestres alliées, ont obtenu l’extension de la zone d’opération jusqu’à l’embouchure de l’Orne. 

Jean-Paul Gagnon : un artilleur canadien proche des civils normands

« À notre grande surprise, les trappes s'ouvrent et... désastre : les projectiles des Alliés pleuvent sur nous. Tantôt ils bombardent derrière nous. Cernés par le feu de la DCA, que pouvons-nous penser ? »

Bataille de Normandie : 5 500 soldats canadiens ont payé de leur vie
Jean-Paul Gagnon est un artilleur canadien, champion d’haltérophilie. Lorsqu’il croise une famille française, il lui arrive de marcher sur les mains pour amuser les petits civils. Son journal intime – interdit par la hiérarchie militaire – lui fait risquer le conseil de guerre.
Plus de 5 500 de ses compatriotes ont payé de leur vie leur engagement au sein des forces alliées. Dès le 6 juin, 381 d’entre eux succombent pendant les combats. Les Canadiens avaient déjà payé un lourd tribut le 19 août 1942 lors du Raid de Dieppe qui, s’il fut un échec militaire complet, a permis de tirer des enseignements déterminants pour la réussite des opérations du D-Day. Les Canadiens avaient alors engagé 4 963 hommes et officiers de la 2e Division aux côtés de 1 005 Commandos britanniques, de 50 Rangers américains et de 15 Français. Plus de 3 300 soldats canadiens sont restés sur les plages de ce premier débarquement normand, tués ou faits prisonniers.

Clarence Hughart : un parachustiste américain épargné par ses ennemis

« Quelle étrange chose que la guerre ! Nous étions supposés nous entretuer et voilà que ces soldats ennemis prenaient soin de moi… »

Les parachutistes américains
Clarence Hughart est membre de la 82e Division aéroportée américaine, une division qui avait déjà participé, en 1917, aux opérations militaires américaines sur le territoire de France lors de la Première Guerre mondiale.
Dans la nuit du 5 au 6 juin 1944, il décolle avec ses pairs depuis Nottingham (Angleterre) et est parachuté dans le secteur de Sainte-Mère-Eglise. C’est l’opération Neptune, prélude à l’opération Overlord. 

Dom Bart : un GI dans l’enfer d’Omaha Beach

« J'essaye de sortir de l'eau à de multiples reprises, mais j'échoue à chaque fois. Il est quasiment impossible de prendre pied sur le rivage »

Omaha Beach la sanglante
Dom Bart appartenait à la première vague d’assaut qui a débarqué sur Omaha Beach, entre la pointe du Hoc et Vierville-sur-Mer. Quelques mois plus tard, il écrit à sa femme qui habite Brooklyn pour lui raconter son débarquement, alors que la plage d’Omaha était prise sous le feu des mitrailleuses allemandes.
Le secteur d’Omaha a été choisi car, au contraire du reste du littoral du Bessin qui est bordé de falaises calcaires abruptes, il présente 6 à 7 km de plages rendant possible un débarquement. Néanmoins la topographie demeure facile à défendre pour l’armée allemande qui a équipé de canons et de murs antichars toutes les petites vallées encaissées qui conduisent de la grève au plateau. La première vague de débarquement est fauchée à 90% par les mitrailleuses de combat qui n’ont pu être mises hors de combat, ni par les lâchers de bombe de l’aviation, ni par les tirs de cuirassés. Les Alliés finissent par prendre Omaha à 15h30 mais de toutes les plages du 6 juin, Omaha est la plus meurtrière. Avec 1 000 morts, 2 000 blessés et disparus, Omaha est devenue dans les bouches des Américains : « Bloody Omaha ».

Reportages "Tous Normands"

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