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Génération média : éducation à la cybercitoyenneté

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Biberonnée au numérique, la génération des digital natives baigne dans le cybermonde. Pourtant, elle n’en maitrise pas toujours les usages, méconnait ses limites et ses dangers potentiels. Les dispositifs d’éducation aux médias et d’éducation aux écrans mis en œuvre par la Région Normandie en partenariat avec les autorités académiques visent à outiller les jeunes pour les rendre moins vulnérables, plus actifs et responsables de leurs pratiques. Témoignages de ces futurs cybercitoyens. 

Quelques repères sur les pratiques numériques des jeunes

Plus de 90 % des lycéens ont un smartphone ; 70% des adolescents l’utilisent pour consulter les réseaux sociaux, principalement Instagram et Snapchat. La moitié d’entre eux ont en moyenne quatre comptes sur les réseaux. Les pratiques diffèrent entre filles et garçons : les premières sont attirées par les applications qui permettent la publication d’images et de vidéos ; les seconds consomment plus de jeux vidéo et de sites à caractère sexuel ou pornographique (37 % des garçons contre 5 % des filles). Les filles communiquent davantage sur les réseaux ; elles ont tendance à cumuler les comptes et ont des réseaux de contacts plus étendues. Elles sont aussi plus vulnérables aux agressions numériques. 
(Source : 6e rapport de l’Observatoire des pratiques numériques des adolescents en Normandie, 2020)

Reporters Normandie Jeunes : la pédagogie par la pratique

Pour comprendre la fabrique de l’information, rechercher des sources, décerner le vrai du faux et se repérer dans un paysage médiatique foisonnant, rien de tel que de mettre le pied à l’étrier. C’est l’objectif du dispositif d’éducation aux médias porté par la Région Normandie, en partenariat avec les autorités académiques. Son nom : RNJ pour Reporters Normandie Jeunes. 

Depuis 2017, 27 établissements et plus de 14 000 jeunes normands y ont participé. Les reporters formés dans les établissements sont aussi régulièrement sollicités pour participer aux évènements dont la Région est organisatrice ou partenaire : Olympiades des métiers, Forum mondial Normandie pour la Paix, Prix Bayeux Calvados Normandie des correspondants de guerre… Certains ont déjà quitté le lycée, mais reviennent pour former les nouveaux !

Atelier radio au lycée Léopold Sedar Senghor d'Evreux en mai 2020 dans le cadre de RNJ ©Charles Cazal, lycéen

En savoir plus sur RNJ

Reporters Normandie Jeunes vise à favoriser l’expression des jeunes en leur proposant de s’investir dans des productions radio, web TV ou rédactionnelles (blog, journaux…). Les établissements qui candidatent (lycées, CFA, MFR, missions locales et organismes de formation de Normandie) bénéficient d’un accompagnement durant trois ans par des structures d’éducation populaire investies dans la production médiatique participative (ou comment réaliser soi-même son propre média pour comprendre les enjeux d'une information de qualité). Au terme de ce parrainage par les associations Zone d’ondes (radio) et Culture et Nature (web TV et presse écrite), les établissements deviennent autonomes dans leurs productions médias.

Les productions (écrites, radiophoniques ou télévisées) des jeunes sont diffusées sur les médias créés dans les établissements : journaux, blogs, web TV, webradio ou radios locales temporaires. Elles sont également mises en commun sur la plate-forme numérique RNJ.

©Eric Biernacki

« Cette expérience m’a donné le goût de l’enseignement. J’aime transmettre des connaissances et apprendre aux autres. J’envisage de me réorienter en sciences de l’éducation pour devenir professeur de technologie. »

Lou Jorandon, 19 ans, étudiant à Rouen

"Aujourd’hui, ce que j’aime par dessus tout, c’est transmettre aux nouveaux ce que j’ai appris. En arrivant au lycée Jules Verne à Mondeville, je ne connaissais rien à la radio. J’étais interne, j’avais du temps et je suis de nature curieux. Alors quand l’association Zone d’ondes est venue installer un studio radio au lycée, j’y suis allé. En Première, j’enregistrais une interview d’artiste par semaine. Puis j’ai participé à Radio Nomade Jeunes lors des Olympiades des métiers qui avaient lieu à Caen. C’était une sorte de master class pour apprendre de manière intensive la technique radio. Nous étions une vingtaine de jeunes, ensemble toute la semaine, jours et nuits. Une véritable aventure ! Au bout de deux jours, j’étais autonome sur la radio.

J’ai beaucoup appris sur tous les sujets que j’ai couverts : le Conseil régional des Jeunes, le Forum mondial Normandie pour la Paix... Aujourd’hui, je suis en licence domotique à l’université de Rouen, mais dès que je peux, je reviens dans l’équipe de Radio Nomade Jeunes (RNJ = Reporters Normandie Jeunes). Je forme les nouveaux venus à l’utilisation du matériel, au montage d’une chronique. Cette expérience m’a donné le goût de l’enseignement. J’aime transmettre des connaissances et apprendre aux autres. J’envisage de me réorienter en sciences de l’éducation pour devenir professeur de technologie. Et quand j’enseignerai dans un lycée, je monterai une webradio !"

Pourquoi une éducation aux médias ?

Atelier radio au lycée André Malraux à Gaillon en 2020 pour préparer une émission sur le prix Fémina ©Zone d'Ondes

Le développement du numérique a bouleversé l’environnement médiatique. Les citoyens ont désormais à leur disposition une multitude de sources et de plateformes d’information : la presse écrite, la radio, la télévision et, plus récemment, internet et les réseaux sociaux. Face aux nombreuses mutations de l'information, un processus de réappropriation s'avère nécessaire. Dans ce contexte, l’éducation aux médias et à l'information (EMI) vise à développer une appropriation critique des médias en milieu scolaire afin de permettre au jeune public d’en faire un usage responsable et d’en percevoir les richesses autant que les limites et les dangers. Si l’éducation aux médias a d’abord été fondée sur l’utilisation de ceux-ci comme supports pédagogiques (articles, reportages, émissions…), le foisonnement des nouveaux médias a conduit à les considérer comme des objets d'étude. On est ainsi passé d’une "éducation par les médias" à une "éducation aux médias". 

La commission européenne définit l'EMI comme la "capacité à accéder aux médias, à comprendre et apprécier, avec un sens critique, les différents aspects des médias et leur contenu et à communiquer dans divers contextes".

©Eric Biernacki

« Les Réseaux sociaux, on en parle beaucoup, mais on a aussi besoin d’être accompagnés pour ne pas s’égarer. »

Jasmine Urie, 16 ans, lycéenne au Havre

"Je suis en Première au lycée François 1er au Havre, option danse. L’année dernière, j’ai participé à deux ateliers d’éducation aux écrans. Je connaissais déjà un peu le sujet pour y avoir été sensibilisée au collège, mais j’ignorais encore beaucoup de choses. J’ai un téléphone depuis le CM2. Au départ, c’était juste pour téléphoner à mes parents. J’ai commencé à aller sur les réseaux sociaux en 5e. Je l’utilise pour communiquer principalement et pour me divertir, sur Instagram, Tiktok, Snapchat et Youtube. J’ai aussi un ordinateur à la maison, que je n’utilise que pour faire des recherches documentaires pour le lycée. Je sais que je passe du temps sur mon téléphone, que je suis un peu "addict". Les ateliers m’ont appris à mieux paramétrer mes comptes, pour éviter de divulguer trop d’informations sur moi.

J’ai découvert comment fonctionnent les réseaux et les algorithmes. Il y a aussi beaucoup de sensibilisation sur les images de violence ou le cyberharcèlement. On n’a pas toujours conscience qu’on peut, malgré nous, tomber sur ce type de rencontres virtuelles. Au cours des ateliers, on a appris à réagir face à une image violente, raciste ou trop intime. La partager ? La dénoncer ? On n’est jamais tout à fait passifs sur les réseaux. Il faut apprendre à différencier le vrai du faux, le journaliste et le blogueur, l’information et la propagande. On en parle beaucoup, mais on a aussi besoin d’être accompagnés pour ne pas s’égarer."

L'éducation aux médias permet aussi de susciter des vocations

©Eric Biernacki

« Journaliste, ça me trotte dans la tête depuis le collège, au lycée ça s'est concrétisé avec l'aventure RNJ. »

Lisa Lemardelé, 18 ans, étudiante à Caen

"J’ai pu faire mes stages de 3e dans deux rédactions : j’ai frappé à la porte de Ouest-France et du Pays d’Auge à Lisieux. En Seconde, j’ai été accueillie à France Bleu Caen et France 3 Normandie. Ces trois expériences m’ont convaincue d’en faire mon métier. Lors des portes-ouvertes du lycée Jeanne d’Arc à Caen, j’ai découvert l’existence d’un "atelier média" que j’ai tout de suite rejoint. Tous les vendredis soirs, pendant une heure et demi, on préparait des articles pour le journal du lycée et le blog RNJ. Une fois par an, on organisait une conférence, que l’on filmait, avec un grand invité. En Seconde, on a reçu un médecin urgentiste syrien ; en première, une députée européenne… Nous avons aussi organisé un plateau TV pour la Semaine verte du lycée, avec des reportages et quelques invités. Pendant le confinement, on a continué à faire des reportages de chez nous, sur ce que l’on vivait. 

J’aime transmettre, partager ce qui me tient à cœur, apporter des éléments de réflexion sur l’actualité, réaliser des revues de presse pour donner différentes visions d’un même sujet. J’ai tenté la prépa à l’école de journalisme de Lille après le bac, sans l’obtenir. Je me suis inscrite à l’université de Caen en sciences du langage et littérature anglaise. En fin de licence, je passerai le concours d’entrée en école de journalisme. Je continue à participer à l‘aventure RNJ : j’étais en octobre au Forum mondial Normandie pour la Paix, je suis revenue au Prix Bayeux. Je suis en train de créer mon blog pour continuer à publier des articles et des reportages vidéos. Il s’appellera "Al rapporte", du nom d’un personnage que j’ai créé."

Prix Bayeux : la rencontre avec des journalistes

Dans le cadre du Prix Bayeux Calvados-Normandie des correspondants de guerre, la Région Normandie soutient quatre actions éducatives en faveur des lycéens et apprentis, en partenariat avec la Ville de Bayeux et les autorités académiques :

Le Prix Région Normandie des lycéens et des apprentis

Ce prix a permis cette année à 2 500 jeunes issus d’une soixantaine d’établissements, de visionner dix reportages de la sélection officielle (catégorie télévision) et de voter pour l’un des sujets.

Les classes "Prix Bayeux - Région Normandie"

Cinq classes de lycées normands vivent en immersion le Prix Bayeux (visites d’exposition, rencontres avec des grands reporters, soirées -débats…). Dans le cadre du dispositif Reporters Normandie Jeunes, une vingtaine de jeunes de ces classes réalisent des reportages au cœur de l’évènement et une émission TV/radio est diffusée en direct de Bayeux.

Le journal Citoyen du Monde

Rédigé par des élèves de 11 lycées normands et piloté par un comité de rédaction associant la Région, la Ville de Bayeux et le CLEMI (Centre de liaison de l’enseignement et des médias d’information de l’Education nationale), ce journal a vocation à rendre compte de l’événement.

Les résidences de journalistes dans les établissements scolaires

Cette nouvelle action a été expérimentée début 2021 dans l’optique de faire vivre le Prix Bayeux au-delà de la période du festival. Une première résidence a eu lieu en début d’année, à l’IFA Marcel Sauvage de Mont-Saint-Aignan, qui a accueilli Michael Bunel (photojournaliste indépendant, collaborateur de l’association Dysturb). 

La prochaine résidence se tiendra au lycée Jacques Prévert de Pont-Audemer, qui accueillera Karen Lajon (grand reporter au Journal du Dimanche). D’autres rencontres avec des grands reporters seront organisées au cours de l’année scolaire.

©Marylène Carre

« Le journalisme m’attire depuis longtemps. Aujourd’hui, je m’imagine bien devenir photo-journaliste. »

Alice Saint, 17 ans, lycéenne à Saint-Lô

"Je suis en Terminale spécialité histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques au lycée Le Verrier à Saint-Lô. Je contribue au journal Citoyen du Monde, j’écris et je fais de la photo surtout. Cette année, j’ai participé au Prix lycéen pour le meilleur reportage TV du Prix Bayeux Calvados-Normandie. En une heure, on a visionné des reportages sur des situations de conflit partout dans le monde. Ces images nous ont projetés dans cet ailleurs qu’on ne connaît pas, loin de notre confort quotidien. Nous avons rencontré Edouard Elias, jeune photo-reporter, dont le travail m’a impressionnée. Dans le cadre du dispositif Reporters Normandie Jeunes, nous avons été en immersion pendant trois jours au festival.

J’ai interviewé des photographes, certains en anglais, dont le président du jury. Ce sont des personnalités passionnantes et inspirantes. J'ai aussi pris des photos pour illustrer le journal. 
Je m’intéresse à l’actualité, particulièrement à tout ce qui touche aux femmes et au féminisme. Je m’informe sur les réseaux sociaux, Instagram principalement, le média vidéo Brut et la télé. Rarement le journal… Pourtant, ça m’a plu de réaliser entièrement ces pages de Citoyen du Monde. Le journalisme m’attire depuis longtemps. Aujourd’hui, je m’imagine bien devenir photo-journaliste."

Education aux écrans : un dispositif unique en France

Depuis 2010, ce programme, initié par la Région Normandie, en partenariat avec le rectorat de l'académie de Normandie, le réseau Canopé et les Ceméa, propose aux lycéens et apprentis normands, des ateliers de sensibilisation aux enjeux et problématiques d'Internet : réseaux sociaux, gestion de son temps, identité numérique, droits et devoirs des internautes... Il a pour objet d'éduquer les jeunes aux usages raisonnés et critiques des écrans. Les ateliers, mené par les Ceméa (mouvement d’éducation populaire), passent par le jeu, la mise en situation et le débat. La parole est libre. Des sessions de formation en direction des enseignants et des actions de sensibilisation des parents sont également menés.

Depuis 2017, plus de 32 000  jeunes de Seconde (ou entrant en apprentissage) et Première en ont bénéficié, soit 8 200 jeunes en moyenne chaque année dans 72 établissements normands. 
En plus de ces interventions, une enquête qualitative est menée auprès d’une cinquantaine de jeunes inscrits au dispositif selon une méthode d’analyse sociologique. Elle permet de suivre, année après année, l’évolution des comportements des adolescents sur Internet. Ces résultats sont publiés par l’Observatoire des pratiques numérique des adolescents en Normandie

Un dispositif du programme régional d'actions éducatives

Dialogue citoyen

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