Aller au contenu principal
Retour à la page d’accueil

Mégane et Hugo, éleveurs de brebis et producteurs de fromages fermiers

Mégane et Hugo, éleveurs de brebis et producteurs de fromages fermiers

Ferme des Pâtures_Mégane Le Pêcheur et Hugo Duedal

clock Publié le 26 février 2025

Mégane Le Pêcheur et Hugo Duedal ont repris en 2020, avec l’aide de la Région Normandie, Les Pâtures, ferme du père et de la tante d’Hugo située au Val Doré, dans l’Eure. Associé au sein d’un GAEC, le jeune couple élève 120 brebis laitières. Tout leur lait est transformé sur place, donnant d’onctueux yaourts et de savoureux fromages de brebis, vendus directement à la ferme et sur les marchés.

Mégane et Hugo se sont connus au lycée agricole Edouard de Chambray de Gouville. Elle a fait une première carrière dans la petite enfance comme responsable de crèche. Lui avait d’abord envisagé de devenir ingénieur du son. Finalement, leur passion pour la nature et les animaux les a rattrapés. Installés près de Conches-en-Ouche, ils ont décidé de se lancer dans l’élevage de brebis, peu répandu en Normandie.

"J’ai pourtant grandi avec des vaches laitières, souligne Hugo. Toute mon enfance, j’ai vu mon père et ma tante traire des vaches. Ils ont arrêté en 2016, quelques années avant que je commence à m’intéresser à la ferme. Au départ, j’avais en tête de remettre des vaches mais avec Mégane, nos envies fromagères nous ont fait nous tourner vers les brebis, dont le lait est très riche, à la fois doux et crémeux et très amusant à travailler."
Ils sont donc allés chercher 120 brebis de race Lacaune, à Roquefort, dans l’Aveyron. "C’est la race qui produit le plus de lait, c’est en partie pour ça qu’on l’a choisie", explique Mégane.

Agriculture bio et agroforesterie
Mégane et Hugo complètent leur activité par l’élevage d’une vingtaine de vaches à viande de race Angus et de quelques porcs. Nourris au maximum à l’herbe, les animaux sont au pâturage une grande partie de l’année. L’ensemble de la ferme est passée en agriculture biologique. "On a hérité d’une ferme qui utilisait déjà très peu de produits phytosanitaires et on voulait encore réduire, donc c’était la suite logique." 
Didier Duedal, le père d’Hugo, a toujours été sensible à la préservation de l’environnement. C’est lui qui a introduit l'agroforesterie sur la ferme, pratique ancestrale consistant à planter des arbres ou des haies sur les parcelles, favorisant une meilleure gestion de l’eau, des sols et de la biodiversité.

Pas de bon lait, pas de bon fromage
A la ferme des Pâtures, c’est Mégane qui s’occupe des animaux (traite, soins, conduite au pâturage…) et des marchés. Hugo gère les cultures, le foin et surtout valorise le lait récolté. "Le travail de fromager est très cartésien, il demande beaucoup de rigueur et d’observation. Mais les trois-quarts du boulot se font à l’élevage : pas de bon lait, pas de bon fromage !"

« Il faut des brebis bien nourries et en bonne santé, c’est la base. Une bonne alimentation commence au champ, dès le semis de la graine, il faut choisir les bonnes variétés. »

Mégane Le Pêcheur, éleveuse de brebis

Tout au lait cru
Aujourd’hui, la ferme des Pâtures propose 17 références, toutes au lait cru, sauf le yaourt pour lequel la pasteurisation est obligatoire. Tous les produits sont commercialisés en vente directe, directement à la boutique de la ferme ou sur les marchés. A cela s’ajoute un bon réseau d’Amap (Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne) qui écoulent 35 à 40% de la production.
"Nous avons des valeurs très fortes en matière d’écologie, il est hors de question que nous allions à l’encontre de ces valeurs. Notre objectif n’est pas de produire de gros volumes, nous préférons miser sur la vente directe et sur la maîtrise de la qualité."

Les aides à l’installation en agriculture

Un tiers des exploitants agricoles en exercice sera bientôt en âge de partir à la retraite. La Région a donc décidé de mettre le turbo pour accélérer le renouvellement des générations. Elle a adopté en juillet 2024 un nouveau dispositif intitulé Normandie Démarrage Installation. Il vise à attirer des profils d’agriculteurs plus diversifiés, en termes d’âge, de parcours professionnel et d’origine sociale. 
Se substituant aux 2 aides existant précédemment (Impulsion Installation et Dotation Jeune agriculteur), il permet aussi d’alléger les démarches et de simplifier les procédures. Objectif : soutenir 450 installations par an, contre 379 aujourd’hui.

Outre cette aide à la trésorerie, la Région Normandie propose d’autres aides pour les jeunes souhaitant s’installer : prêt d’honneur, garanties bancaires, aide aux investissements, aide au conseil, contrat de parrainage, portage foncier… La palette est très large.

A connaître également, la plateforme Installer-transmettre Normandie. Financée par la Région, elle est dédiée à tous les candidats à l’installation, mais également à tous les futurs cédants d’exploitations agricoles.

Reportages "Tous Normands"

logo