Devenir orfèvre ou bijoutier : des formations rares mais présentes en Normandie !
Publié le 06 février 2026
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Temps de lecture : 1 min
Après une longue mise en sommeil, le château de Tournebut a repris vie. A l'initiative de la Communauté d'agglomération Seine-Eure (CASE), il a été rénové et transformé en centre de formation dédié aux métiers d'art. Piloté par le GRETA Portes Normandes, il accueille notamment un CAP d'orfèvrerie unique en France !
« Beaucoup de métiers d'art font appel à des savoir-faire anciens d'une haute technicité, détenus par très peu de personnes dont beaucoup sont proches de la retraite. Il est crucial d'assurer la relève ; si on ne fait rien, tous ces métiers et savoir-faire vont disparaître. C'est d'autant plus important que la Normandie abrite deux entreprises majeures du secteur : Christofle à Yainville et Guy Degrenne à Vire. Il était donc essentiel de relocaliser ces formations. »
Christophe Tike, directeur opérationnel du GRETA Portes Normandes
Un bel écrin pour un travail d'orfèvre
Situé au Val d'Hazey tout près de Gaillon (Eure), le château de Tournebut est donc devenu le bel écrin du CAP Orfèvre option polisseur-aviveur, diplôme orphelin depuis la fermeture de l'école bretonne d'orfèvrerie.
Démarrée en novembre 2025, la formation dure 10 mois, dont 800 heures en centre de formation et 8 semaines de stage en entreprise. Dans leur atelier aménagé dans l'ancienne orangerie du château, les élèves alternent enseignements théoriques et pratiques : technologie des matériaux, dessin industriel, arts appliqués, montage de pièces, ponçage manuel ou mécanique...
"L'orfèvrerie est un métier d'exception qui consiste à travailler des métaux précieux ayant des propriétés hors du commun et donc réservés à des usages particuliers", souligne Clément Notel, professionnel chevronné qui a à cœur de transmettre son art et son amour du travail bien fait.
Cette première promotion accueille sept étudiants, tous en reconversion. "C'est un métier où la curiosité et la maturité sont des atouts essentiels. C'est donc un bon point d'avoir fait autre chose avant, d'avoir un bagage."
Certains ont des parcours particulièrement atypiques, à l'image de Yannick qui à l'issue d'une licence de STAPS a exercé divers jobs avant de se passionner pour le travail du métal. Après avoir obtenu un CAP Métallier-ferronnier, il a découvert l'existence de ce CAP Orfèvre. "Cela me plaît beaucoup, c'est plus minutieux que la métallerie et aussi plus joli."
"Nous venons d'horizons différents mais nous nous sommes trouvé un but commun : redonner une famille à ce métier orphelin qu'est l'orfèvrerie", résume joliment Joy, qui pour sa part est titulaire d'un CAP Maroquinerie et a travaillé quelques années pour la maison Hermès.
"Bijoux de mode", une formation rare et précieuse
Une seconde formation, rare elle aussi puisqu'on ne la trouve que dans quelques établissements en France, a récemment rejoint le CAP : le certificat de spécialisation (CS) "Bijoux de mode". Ouvert en janvier 2026, il porte sur la conception et la réalisation de bijoux fantaisie ou de créateur pouvant associer une pluralité de matières (laiton, perles, cuir, strass, verre, plexiglas…). Il se déroule sur 7 mois, avec 400 heures en centre de formation et 12 semaines de stage. Il s'adresse à des personnes déjà titulaires d'un CAP en métiers d'art (broderie, reliure, céramique, ferronnerie…) ou d'un diplôme en design.
C'est le cas de Marylène qui après avoir été longtemps préparatrice en pharmacie, s'est d'abord tournée vers la maroquinerie avant de bifurquer vers la bijouterie : "Je suis ravie de mon choix, c'est passionnant. Aujourd'hui je crois qu'on a tous conscience de la chance qu'on a d'être ici."
Comme pour le CAP Orfèvre, ses camarades, âgées de 23 ans à 53 ans, sont toutes en reconversion. L'une est titulaire d'un CAP Céramique, une autre d'un diplôme national d'art, une autre encore était illustratrice à son compte.
"C'est enrichissant d'avoir des élèves aux profils aussi divers car cela oblige à s'adapter. Chacune amène son expérience, professionnelle et personnelle", note Anaïs Chatellier, leur enseignante. Formée à la Haute école de joaillerie, celle-ci intervient également dans la prestigieuse école Boulle et a travaillé chez plusieurs grands bijoutiers rouennais. "Il y un spectre immense et beaucoup de passerelles possibles entre la haute joaillerie et la bijouterie de mode. Je les forme à la bijouterie de mode tout en leur apprenant les bases de la bijouterie traditionnelle et de la joaillerie de façon à leur ouvrir un maximum de portes pour la suite."
9 parcours de formation financés par la Région
Ayant œuvré durant plusieurs mois aux côtés de ses partenaires pour créer les conditions nécessaires à l’ouverture de cette école, la Région Normandie finance neuf parcours de formation pour des demandeurs d’emploi ou salariés en reconversion normands.
Six stagiaires bénéficient d'une Aide individuelle à la formation : cinq du CAP Orfèvre et une du CS Bijoux de mode. Cofinancée avec France Travail, celle-ci permet de prendre en compte des projets de formation spécifiques.
Trois autres stagiaires en bijoux de mode sont financés dans le cadre de Une formation, un emploi, en réponse aux sollicitations de l’entreprise Cuir du Vaudreuil qui a ouvert un département bijouterie de mode dans ses nouveaux locaux d’Heudebouville. Ce dispositif soutient des entreprises ne trouvant pas sur le marché du travail le personnel qualifié dont elles ont besoin. La Région finance la formation et en contrepartie, l'employeur s’engage à embaucher les personnes à l’issue de la formation pour une durée minimum de 6 mois.
Reportages "Tous Normands"
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