Que faire après la Troisième : pourquoi pas un CAP ou un bac pro pour prendre soin des autres ?
Publié le 06 novembre 2025
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Temps de lecture : 2 min
Aide à la personne : petite enfance ou grand âge ?
CAP Accompagnement éducatif petite enfance (AEPE)
Au lycée Guillaume Le Conquérant de Falaise, une quinzaine d'élèves préparent le CAP Accompagnement éducatif petite enfance (AEPE), se destinant à devenir des professionnels de l’accueil et de la garde des enfants de moins de 6 ans.
L'objectif est d'apprendre à répondre aux besoins fondamentaux des tout-petits, entre soins quotidiens (préparation des repas, hygiène) et activités d’éveil qui contribueront à leur développement affectif et cognitif.
Comme l'explique Manon Fraboulet, enseignante en CAP AEPE, les élèves analysent dans un premier temps les établissements locaux afin de comprendre leur fonctionnement : quelles sont les activités proposées aux enfants en petite, moyenne et grande section, quels professionnels interviennent, quels sont les objectifs pédagogiques visés pour chaque tranche d’âge, etc.
En première année de CAP, les élèves effectuent deux périodes de stage : une de 3 semaines et une de 4 semaines. "Nous leur conseillons de réaliser leur premier stage dans une structure accueillant des enfants de 0 à 3 ans, puis le second auprès d’enfants de 3 à 6 ans. Cette progression leur permet d’observer l’évolution de l’enfant selon son âge."
L'équipe pédagogique accompagne les élèves dans leurs recherches de stage : aide à la rédaction de la lettre de motivation, entraînement aux appels téléphoniques, etc.
C'est un stage dans une crèche qui a donné à Diakite l'envie de suivre cette formation : "J’aime accompagner les enfants, notamment les 0-3 ans, dans leur acquisition d'autonomie. Je suis en train de réaliser un livre sensoriel sur le thème des transports. Ce support permet aux enfants d’explorer le sens du toucher et de découvrir différentes sensations selon les matières utilisées".
En deuxième année de CAP, Chelsi apprécie elle aussi d'étudier l’évolution d’un enfant. "J'aime également le volet animation, où on réalise nous-mêmes des activités manuelles telles que peinture ou dessin. Plus tard, j’aimerais travailler en crèche en tant qu’auxiliaire de puériculture."
C'est en effet un des métiers auxquels on peut prétendre à l'issue du CAP, tout comme ATSEM dans les écoles maternelles, agent d’animation dans un centre de vacances ou assistant maternel à domicile.
"Il arrive aussi fréquemment, précise Manon Fraboulet, que nos élèves poursuivent leurs études, notamment parce qu’ils ne sont pas encore majeurs. Certains intègrent une Première bac pro ASSP, d’autres choisissent un second CAP en un an ou s’orientent vers d’autres types de formations."
C'est le cas d'Océane : "L’année prochaine, j’aimerais passer en bac pro Accompagnement soins et services à la personne (ASSP) puis rentrer dans une école d’infirmières pour devenir auxiliaire de puéricultrice en maternité".
CAP Agent accompagnant au grand âge (AAGA)
Accompagner les personnes âgées dans leurs gestes du quotidien, créer du lien, apporter du réconfort, c'est l'objectif du CAP Agent accompagnant au grand âge (AAGA), créé à la rentrée 2023. Une vocation pour Paola, en 2e année de CAP au lycée Auguste Bartholdi de Barentin : "J'aime beaucoup le contact avec les personnes âgées, j'adore parler avec eux et les aider. Durant cette formation, on apprend à faire l'entretien du linge et des locaux, à servir les repas."
Comme le souligne son enseignante, Mélina Huray : "Ces deux années de CAP se concentrent sur l'aide à la personne âgée, aussi bien dans la sphère privée que collective. L'objectif est d'être prêt à travailler avec des personnes en perte d'autonomie et d'organiser l'espace pour prolonger au maximum leur autonomie dans leur cadre de vie."
Grâce à l'appartement pédagogique aménagé comme un vrai logement, les élèves se retrouvent en conditions réelles : "C'est trop bien, c'est comme si on était chez quelqu'un", note Paola. Leurs sept semaines de stage par an, divisées en deux périodes et effectuées dans des EHPAD ou maisons de retraite, leur permettent de mettre leurs acquis en application. "Nos élèves découvrent le bonheur que l'on peut procurer aux personnes âgées en les aidant dans leur vie quotidienne."
Saya confirme : "Les personnes âgées aiment avoir des jeunes autour d'eux. Nous on leur accorde du temps pour parler, ce que n'ont pas toujours le temps de faire les soignants. Ce CAP et le stage que j'ai effectué l'an dernier en maison de retraite m'ont confortée dans mon choix. Durant cette formation, j'ai pris confiance en moi et j'ai appris à faire du relationnel, ce dont je ne me sentais pas capable en arrivant. Je le dois beaucoup à Madame Huray, notre enseignante, qui nous a fait grandir et beaucoup progresser. L'an prochain j'ai décidé d'aller en bac pro ASSP en alternance et ça non plus, je n'aurais pas pu l'envisager avant".
Beaucoup d'élèves poursuivent en effet leurs études après le CAP. D'autant que la plupart, encore mineurs, ne sont pas employables à la sortie. Certains choisissent de faire une formation en un an, d'autres de poursuivre par un bac pro Accompagnement soins et services à la personne (ASSP) où ils rentrent directement en classe de Première grâce à un système de passerelle.
"Nos jeunes sont très motivés, se félicite Virginie Lebourgeois, proviseure adjointe du lycée Bartholdi. Les métiers de l'aide à la personne sont extrêmement en tension, il est donc important de former des professionnels compétents et motivés. Il faut valoriser ce secteur et nous nous appliquons à le faire, à travers les journées portes ouvertes ou des mini-stages de découverte."
Sur la vingtaine d'élèves en 2e année de CAP, il y a trois garçons. "Ils ne sont que trois mais ils ne sont pas là par hasard, pour eux c'est vraiment un choix, souligne Mélina Huray. C'est compliqué d'attirer des garçons dans ces métiers, alors qu'ils y ont toute leur place. Les stéréotypes de genre ont la vie dure !"
Bac pro Accompagnement, soins et services à la personne (ASSP)
Prolongement naturel du CAP AAGA pour bon nombre d'élèves, le bac pro Accompagnement soins et services à la personne (ASSP) a été créé à la rentrée 2024. Destiné aux jeunes motivés par les métiers du soin et du social, il forme des professionnels capables d’assister des personnes vulnérables dans leur vie quotidienne.
L'année de Seconde est consacrée à la petite enfance, l'année de Première aux personnes âgées et l'année de Terminale aux personnes en situation de handicap, avec à chaque fois sept semaines de stage. La formation se partage entre matières générales et enseignement professionnel (nutrition, entretien de l’environnement de la personne, prévention santé, sciences médico-sociales, biologie et microbiologie appliquées, animation…).
"Nous apprenons à nos élèves à pratiquer les gestes d'hygiène et de confort du quotidien (soins, toilette, cuisine, entretien des locaux et du linge …) de manière professionnelle et adaptée aux différents publics et situations", explique Rachel Le Botmel, infirmière de formation et enseignante en sciences et techniques médico-sociales (STMS) au lycée Auguste Bartholdi de Barentin. L’acquisition ou le maintien de l’autonomie et de la vie sociale sont également au programme. "Pour toutes ces activités, il faut avant tout de l'empathie, de la bienveillance et de l'écoute, Il faut aussi aimer travailler en équipe et avoir un bon relationnel, avec les patients, les familles mais aussi avec les autres professionnels."
Au lycée Bartholdi, outre un appartement pédagogique équipé comme un vrai logement, les élèves disposent d'un vaste plateau technique flambant neuf, permettant d'exercer en conditions réelles. Financé par la Région, il est partagé en plusieurs espaces dont trois salles de travaux pratiques (TP) : une salle de soins "comme à l'hôpital", une salle dédiée à l'hygiène, une salle de puériculture qui cumule les équipements d'une crèche et ceux d'une nursery de maternité… Deux salles de cours équipées de mobilier flexible, conçues pour s’adapter aux besoins pédagogiques, jouxtent les salles de TP. L’ensemble est pensé autour d’un “couloir imaginaire” qui encourage la collaboration et la cohérence entre toutes les classes du bac pro ASSP.
"Nous avons le plus beau plateau technique de soins et services à la personne de la région, voire au-delà. Il fait vraiment référence", souligne Rachel Le Botmel.
"Nous l'avons conçu en étroite collaboration avec le centre hospitalier de l'Austreberthe, précise Gaëlle Gautier, directrice déléguée aux formations professionnelles et technologiques. Son atout majeur est une salle de soins entièrement dédiée aux transmissions, à la préparation du matériel et à sa désinfection. Il a été pensé pour soutenir la réussite, l’autonomie et l’engagement de nos élèves. Le but est que ceux-ci soient immédiatement plongés dans la réalité du métier grâce à des équipements qu'on retrouve en milieu professionnel."
Une fois diplômés, les jeunes ont de nombreux débouchés possibles dans des structures diverses : établissements médico-sociaux, associations, collectivités locales, EHPAD, crèches, résidences seniors, hôpitaux, cliniques, entreprises de services à domicile... "Il est clair que l'essentiel des débouchés est aujourd'hui concentré sur les personnes âgées ou handicapées. C'est dans ce secteur que le manque de personnel est le plus criant."
Ceux qui le souhaitent peuvent aussi intégrer une formation d'aide-soignant ou d'auxiliaire de puériculture. C'est le cas de Léa, en classe de Première : "J'ai déjà obtenu un CAP Petite enfance à Louviers. Après mon bac ASSP, je voudrais faire une année de formation à Evreux pour devenir auxiliaire de puériculture".
Egalement en Première, Allysia penche plutôt pour le grand âge : "J'ai choisi cette filière parce que j'ai toujours aimé aider les autres. Je viens de faire un stage à la maison de retraite de Duclair qui m'a beaucoup plu, cela m'a donné envie de travailler comme aide-soignante en EHPAD. Pour moi c'est un métier de passion".
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