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Team Normandie : 6 champions en bleu, blanc, rouge à Tokyo

Team Normandie

Team Normandie : 6 champions en bleu, blanc, rouge à Tokyo

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Ils sont 6 athlètes de la Team Normandie à avoir décroché le graal : une qualification pour les JO de Tokyo. Préparation, objectifs, état d’esprit : ils se dévoilent dans une interview sans détour à quelques semaines de la compétition de leur vie. 

Episode 1. Faire encore mieux

Qu’ont-ils changé depuis leur première expérience olympique ? Interview croisée du pongiste handisport Florian Merrien, du tireur de skeet olympique Eric Delaunay et du marcheur Kevin Campion.

« A l’échelle de nos vies d’athlètes, les Jeux c’est le plus important. Pas de public, un protocole sanitaire drastique ? On s’adaptera. »

Eric Delaunay

Est-ce qu’il vous arrive de rêver de médaille d’or ? 

Eric Delaunay : Il ne faut pas trop rêver de médaille, c’est trop abstrait. Je rêve de ce que je dois faire pour obtenir la médaille d’or. Tu ne peux pas avoir 20 sur 20 sans réviser. Je me focalise sur les objectifs de moyens plutôt que les objectifs de fins (résultats). Ça m’évite de me mettre une pression trop importante. Mon cerveau est concentré sur l’objectif de toucher une cible, puis la suivante et ainsi de suite.

Kevin Campion : Je ne fais pas de rêves concernant les Jeux. C’est mon seul et unique but dans ma vie sportive. Aujourd’hui, c’est devenu une réalité. Evidemment tout athlète qui va aux JO rêve de médaille d’or.
 

Quel est votre objectif en termes de résultats au JO de Tokyo ?

Florian Merrien : Je me donne comme but de gagner 1 ou 2 médailles (1 en simple, 1 en équipe). J’ai deux énormes concurrents devant moi et malheureusement je vais devoir faire avec.

Eric Delaunay : A la dernière coupe du Monde je termine à 1 point de la finale et je fais finaliste aux Championnats d’Europe. Tout l’entraînement est bon. On finalise les derniers détails pour les Jeux. 

Kevin Campion : Mon objectif est de surfer sur les Championnats du Monde de 2019 où j’ai fini 16e, c’était juste avant la crise sanitaire.

Suivez leurs JO !

Jeux Olympiques d’été : 23 juillet au 8 août 2021

  • Eric Delaunay > Epreuves 25 juillet (qualifications jour 1), 26 juillet (qualifications jour 2 et finales) - Site : Stand de tir d'Asaka
  • Kevin Campion > Epreuve le 5 août (minima olympique 1’21’’00, qualifié en 1’20’’49) - Site : Sapporo Odori Park
  • Jérémie Mion > Epreuves du 28, 29, 30 juillet, 1er et 2 août, 4 août - Site : Port de plaisance d'Enoshima
  • Margaux Bailleul > Epreuves les 23 juillet (séries), 25 juillet (repêchage), 27-28 juillet (finale) - Site : Canal de la forêt de la mer
     

Jeux Paralympiques d’été : 24 août au 5 septembre 2021

  • Florian Merrien > Epreuves : en attente des dates - Site : Gymnase métropolitain de Tokyo
  • Alexis Hanquinquant > Epreuves 29 au 30 août (36 concurrents) - Site : Base nautique d’Odaiba

Dans quel état d’esprit êtes-vous à quelques semaines de la compétition ? 

Florian Merrien : Je ne veux pas m’emballer. J’ai la chance d’avoir un peu d’expérience, ce qui me permet d’être plus serein. En avril 2020, je ne faisais pas le malin lorsque les JO ont été annulés. Mais avoir eu un an de plus pour se préparer a finalement été une bonne chose. Je suis dans une bonne dynamique et je me sens performant. Je fais une bonne préparation, mais les JO paralympiques ne sont qu’à la fin du mois d’août. 

Eric Delaunay : J’avais préparé les JO de 2016 comme une autre compétition. Mais les JO, c’est unique : on est confronté aux meilleurs sportifs au monde, toutes disciplines confondues. C’est vraiment autre chose qu’un championnat d’Europe, notamment au niveau de l’impact médiatique et sportif. Rio m’a permis de voir comment c’était. Ce qui avait pêché à l’époque, c’est le mental. Aujourd’hui, j’ai travaillé fort pour être prêt.

Kevin Campion : J’ai repris l’entraînement depuis peu, suite à une blessure. Je suis dans une phase ascendante. En ce moment j’ai des doutes, mais dans quelques semaines je ne serai plus le même Kevin. Je prends mon temps et j’ai confiance en ce que je fais pour revenir au meilleur niveau.

Quel est votre tic ou votre toc avant une grande compétition ?

Florian Merrien

Il faut que je me marre avant un match. J’ai besoin de cette détente. Certains doivent me prendre pour un cinglé (rire).

Eric Delaunay

J’ai une routine et c’est cela qui compte. Quand tu es gamin, tu te focalises sur des détails vestimentaires (le tee-shirt que tu portais lors de ta précédente victoire etc.) mais ensuite tu te détaches de ces choses-là.

Avez-vous changé quelque-chose à votre préparation par rapport aux précédents JO ?

Florian Merrien : J’avais changé mon mode de préparation pour Rio. L’ambiance générale n’était pas géniale et j’avais pris du recul pour m’entraîner pleinement en autonomie, me donner toutes les chances et ne rien regretter. Je me suis appuyé sur mon beau-frère Florian Dheilly, entraîneur général de l’ALCL TT de Grand Quevilly où je suis licencié en valide. J’ai poursuivi dans cette même voie pour Tokyo. Je suis quelqu’un qui répète énormément, comme un musicien répète ses gammes.

Eric Delaunay : Depuis 4 ans, je me suis entouré d’un sophrologue et d’un préparateur mental. Le mental est le plus dur à travailler, cela ne se réussit pas en un claquement de doigt. Il faut réussir à laisser le conscient et tout le négatif de côté. Les résultats de ce travail se mesurent en compétition. Malgré les 14 mois d’arrêt, j’ai très bien géré les deux compétitions auxquelles j’ai participé !

Kevin Campion : Ce n’est pas si près des JO qu’il faut tout changer ! Avant Rio, j’avais changé d’entraîneur et je suis resté sur cette lancée. Pour Tokyo, j’ai fait des stages d’entraînement en chambre thermique pour supporter le climat chaud et humide. Une fois que je suis adapté, j’ai du répondant. Je suis rassuré de ce côté-là.
 

Qu’est-ce qui a été le plus dur pendant votre préparation ?

Florian Merrien : C’est de réussir à allier le boulot, le tennis de table et la vie perso. Je sacrifie un peu les temps de repos et donc le principal risque, c’est l’accumulation de fatigue. Mais j’ai la chance d’avoir un super employeur (le Département de Seine-Maritime) et un gros détachement pour me consacrer à mon sport.

Eric Delaunay : Le plus dur a été l’absence de compétitions. J’ai perdu certains gros sponsors à cause du COVID, ce que j’ai très bien compris. Quand tu te demandes comment tu vas faire pour boucler ton budget, c’est un autre combat. Et puis avec l’absence de compétitions, le cerveau n’est plus habitué. On a quand même eu de la chance en juillet 2020 que les Jeux soient reportés, car sur le plan mondial on n’était pas tous logés à la même enseigne. Quand les athlètes français ont été arrêtés plus de huit semaines, les concurrents tchèques ou américains par exemple n’ont eu qu’un mois d’arrêt. 

Kevin Campion : La pandémie, car avec le manque de compétitions, les doutes et les questions s’installent. En début d’année, j’ai eu besoin de me renforcer avec un préparateur mental qui a pu mesurer l’impact négatif du report des Jeux, alors que tout se passait bien jusqu’en 2019. C’était important de régler ça.

Quel est votre pire ennemi ?

Florian Merrien

Malheureusement, j’en ai 2 (rire) : le numéro 1 mondial de Chine et le numéro 2 d’Allemagne. Et avant de les rencontrer, je vais devoir batailler !

Eric Delaunay

Moi-même. Mon moi négatif. On n’est pas un sport d’adversité. Ce n’est pas du tennis. Nous sommes face à nos cibles. Si je perds, c’est que je n’ai pas atteint un nombre suffisant de cibles. Je ne peux m’en prendre qu’à moi-même.

Quand avez-vous décroché votre qualification pour les JO ?

Florian Merrien : Je suis n°3 mondial et j’ai la chance d’y rester, ce qui m’a garanti ma qualification. C’est une chance.

Eric Delaunay : Entre fin 2019 et début 2020, lorsque j’ai terminé 2e à une épreuve de Coupe du Monde en Finlande. J’ai décroché l’un des 30 quotas olympiques qui sont mis en jeu les deux années qui précédent les JO.

Kevin Campion : Je sais que je vais aux Jeux depuis avril 2019, un an avant les JO. Quand le confinement est arrivé en mars 2020, j’avais reçu depuis 2 jours l’officialisation de ma sélection par le comité olympique ! Le doute s’est installé : ma qualification sera-t-elle maintenue ? Mais heureusement cela n’a pas duré longtemps.

Quel est votre ange gardien ?

Florian Merrien

Notre Equipe de France. Elle est super soudée. J’y ai des potes, des amis et ça peut vraiment être une très grande force dans les moments importants.

Eric Delaunay

J’ai des anges gardiens, ils sont là-haut je ne sais où, ce sont ceux qui m’ont sauvé de mon anévrisme cérébral en 2011. On a toujours des croyances, ça peut paraître bizarre mais moi j’ai celle-là.

Kevin Campion

Ma femme qui me rassure tout le temps. Elle a un rôle très important pour mon équilibre. Et puis mon entraîneur, Gilles Garcia (Montpellier).

Combien il y a-t-il de membres de l’Equipe de France dans votre discipline ?

Kevin Campion : Nous sommes trois, avec Yohan Diniz sur le 50km marche (c’est la dernière fois que cette distance est inscrite aux JO. J’en ai fait un à 23 ans, c’est inhumain et pourtant j’ai une grosse tolérance à la douleur !) et Gabriel Bordet, inscrit comme moi sur le 20 km.

Florian Merrien : Dans l’Equipe de France de tennis de table handisport, on est 11 et 2 en sport adapté.

Eric Delaunay : En skeet, nous sommes trois : 2 hommes (Emmanuel Petit) et 1 femme (Lucie Anastassiou).

Alors personne ne pourra vous accompagner à Tokyo ? 

Florian Merrien : Pas le droit aux supporters étrangers, ça craint mais il y a pire. Mes parents sont venus à tous mes Jeux, j’avais des potes à Londres, certains sont venus avec leur famille jusqu’à Rio pour profiter de faire un beau voyage. Là, ça va être très particulier. 

Eric Delaunay : Seulement la Fédération. S’il n’y avait pas eu le COVID, j’aurais eu un community manager avec moi. A Rio, j’avais un couple d’amis qui avaient fait des JO leur voyage de noces et ils avaient pu suivre ma compétition.

Kevin Campion : Personne, pas même mon entraîneur. Il y aura bien sûr l’entraîneur de l’Equipe de France.

Comment appréhendez-vous les contraintes sanitaires de ces JO et cette édition un peu spéciale ? 

Kevin Campion : On ne va pas rigoler. On ne pourra pas aller voir les courses des copains. Il faudra rester concentré sur son objectif. Nous serons 60 au départ le 5 août à 16h30, heure locale. La marche, comme le marathon, est une épreuve délocalisée, elle aura lieu à Sapporo sur l’île d’Hokkaïdo. Il est censé faire moins chaud qu’à Tokyo. Nous les marcheurs on passait déjà pour des athlètes d’une autre planète, là on va vraiment être isolé (rire).

Eric Delaunay : Il y aura des test covid à toutes les portes, des lavages de main à tout bout de champ, eh bien je  m’y plierai. Le principal c’est que les Jeux aient lieu. Pour notre petit sport et à l’échelle de nos vies d’athlètes, les Jeux c’est le plus important. Pas de public, un protocole sanitaire drastique ? On s’adaptera.

Bleu, blanc, rouge ou léopard d’or sur drapeau rouge ?

Eric Delaunay : Je suis tellement fier d’être normand et même hyper chauvin. J’ai le drapeau normand sur l’oreille droite de mon casque et le drapeau français sur le dos. Je ne changerai de région pour rien au monde. Je suis trop attaché à mon territoire.

Kevin Campion : En fait je suis originaire de Lyon et je n’ai jamais ressenti autant de soutien que depuis que je suis normand. La Ville de Dieppe m’a très bien accueilli.
 

Un petit mot pour votre Région et la Team Normandie ? 

Florian Merrien : J’espère que les Normands seront au rendez-vous, j’ai toujours défendu le drapeau normand. Je suis le doyen de la Team Normandie, je vais suivre tous les athlètes de la Team qui seront là-bas. D’ailleurs, j’y serai en même temps qu’Alexis Hanquinquant (paratriahtlète). 

Eric Delaunay : On sera tous ensemble pour faire briller la Normandie. On sait qu’on aura les supporters français et normands derrière nous et ça nous poussera pour aller le plus haut possible.

Paris 2024 : préparez-vous pour l’or en Normandie !

Le message s’adresse à toutes les délégations et fédérations sportives de France et du monde : pour réussir vos Jeux de Paris, venez vous entraîner en Normandie ! Comment ? En allant sur le site internet Get Ready For Gold. Il recense une offre de 83 sites d’entraînement, tous sports confondus, dont 47 équipements labellisés Centres de préparation (CPJ) des Jeux Olympiques et Paralympiques 2024.

Acclimatation, mer, campagne : les conditions idéales pour bâtir les plus grandes performances. La Normandie est LA base arrière des JO !

Episode 2. Hâte d’en découdre

Une seconde participation solidement décrochée par le skipper Jérémie Mion, une première plus que logique pour le paratriathlète Alexis Hanquinquant, triple champion du monde en titre et une qualification à l’arrachée 2 mois avant les Jeux pour la rameuse Margaux Bailleul. Quels sont les secrets d’une préparation de tous les instants ?

« Champions d’Europe à deux mois des Jeux, on a fait le plein de confiance, il reste à transformer l’essai. Le plus important c’est de remporter le combat à venir. »

Jérémie Mion

Est-ce qu’il vous arrive de rêver de médaille d’or ? 

Alexis Hanquinquant : Je suis trop fatigué pour rêver mais j’y pense tous les jours. Tous les jours je me fais le scénario de la course. C’est obsédant. 

Margaux Bailleul : Je n’en ai pas encore rêvé. On vient de rentrer d’un stage dans le Jura c’est le dernier avant les JO, on décollera le 16 juillet. Les JO c’est mon but ultime. Quand c’est dur à l’entraînement, j’y pense.

Jérémie Mion : Je ne me souviens pas bien de mes rêves, par contre les Jeux c’est quelque chose qui occupe mon esprit toutes les minutes de la journée, et chaque minute de mes nuits j’imagine.

 

Quel est votre objectif en termes de résultats aux JO de Tokyo ?

Alexis Hanquinquant : L’objectif c’est d’aller chercher une médaille. Celle qui me fait rêver c’est l’or mais il peut se passer tellement de choses. Au triathlon tu peux avoir un fait de course, un incident mécanique à vélo. Tout ce que je ne veux pas, c’est la médaille en chocolat. 

Margaux Bailleul : On est un bateau très jeune. On ne travaille ensemble que depuis quelques mois. Le 4 de couple (2 rames par personne) est une catégorie très dense. Lors des séries, on est 10 à partir (2 séries de 5), les deux premiers se qualifient pour la finale, il reste ensuite une manche de repêchage qui permet de sélectionner les deux derniers qualifiés pour la finale. Il faut donc être dans ces six-là.

Jérémie Mion : Nous clairement, c’est la médaille d’or. Avec Kévin Péponnet, nos résultats nous donnent le droit d’y croire. Champions d’Europe à deux mois des Jeux, on a fait le plein de confiance, il reste à transformer l’essai. Le plus important c’est de remporter le combat à venir.

 

Dans quel état d’esprit êtes-vous à quelques semaines de la compétition ?

Alexis Hanquinquant : Mon état d’esprit est le même depuis 2020, à la fois impatient et plutôt optimiste. J’ai fait récemment la démonstration à mes adversaires que je serai plus que présent !
 

Margaux Bailleul : Là on est vraiment dans le dur. On fait l’équivalent d’un hiver de travail en un mois. On est un peu fatigués.

Jérémie Mion : Je suis concentré. On a beaucoup de choses à mettre en place. Il y a les sollicitations médiatiques. On a fait une très grosse préparation. Il faut que je me repose, que j’arrive à couper pendant deux semaines, en continuant la préparation physique. Le but est de se retrouver avec Kevin avec la gnaque et l’envie de croquer les Jeux !

Quel est votre ange gardien ?

Alexis Hanquinquant

Le Staf de l’équipe de France. Ils ont à cœur la réussite de chacun. L’entraîneur national Nicolas Becker fait un boulot de dingue : il m’a apporté pas mal de réponses au cours de mon apprentissage rapide du triathlon.

Margaux Bailleul

Je me représente mon sport comme un combat où je dois gagner tous les rounds en donnant les coups.

Jérémie Mion

Je me nourris beaucoup de ceux qui m’entourent. J’aime les énergies positives. On a besoin de supporters. On voit souvent les victoires mais notre parcours est rempli d’échecs dont il faut réussir à se relever. J’ai cette faculté d’oublier assez vite les moments durs.

Avez-vous changé quelque-chose à votre préparation par rapport aux autres compétitions ou vos derniers JO ? 

Alexis Hanquinquant : Je n’ai pas changé grand-chose. J’ai mis en place des entraînements en thermo training room très chaud et humide, je réagis plutôt bien à la chaleur. Je fais des sessions d’entraînement à 32° et 60% d’humidité. Ces séances sont très éprouvantes. J’ai eu la chance de faire le test event à Tokyo en 2019. C’était aussi important pour moi que de faire les Championnats du monde, deux semaines plus tard à Lausanne. Je peux visualiser l’épreuve.

Margaux Bailleul : On a deux séances de thermoroom par semaine. J’ai l’impression de faire du vélo dans un hammam. A part ça, les entraînements sont les mêmes, notre stage avec l’Equipe de France en revanche est un peu plus long.

Jérémie Mion : A Rio, on avait fini 7e avec Sofian Bouvet. Depuis 2017, je suis associé à Kévin. J’ai changé beaucoup de choses avec une approche plus professionnelle qui nous a permis de balayer plein de domaines. Nous avons pris avec nous une équipe de 7 intervenants (entraîneur, kiné, préparateur physique, préparateur mental…). Nous avons beaucoup travaillé la préparation physique et la préparation mentale. Le travail de musculation n’était pas dans la culture de notre sport. Mais aujourd’hui, grâce à la muscu je peux tenir plus longtemps des postures difficiles qui nous font aller plus vite sur l’eau. On travaille avec l’ancien préparateur physique d’Alain Bernard. J’ai aussi beaucoup travaillé pour trouver des partenaires financiers et nous sommes très bien accompagnés.

Quel est votre tic ou votre toc avant une grande compétition ?

Alexis Hanquinquant

Rien de particulier mais en temps normal, j’aime bien échanger avec les gens. Le jour J, je me ferme, je me concentre. Je suis dans ma bulle.

Margaux Bailleul

Avant une course, j’aime bien être dans ma bulle : lecture, musique, mots mêlés, coloriage pour me couper du monde et me centrer sur moi-même. Et je m’applique de l’huile essentielle de lavande pour me décontracter les muscles et cette odeur me rassure sur la ligne de départ.

Jérémie Mion

Plutôt une routine : le yoga tous les matins au réveil, surtout les jours de compétition. En solo, pour me connecter à mon corps. Je le pratique beaucoup plus depuis 4 ans et je l’ai perfectionné pendant le confinement, en travaillant de nouvelles postures. Je réveille toutes mes articulations, c’est une belle arme.

Qu’est-ce qui a été le plus dur pendant votre préparation ?

Margaux Bailleul : Le plus dur était cet hiver. Je n’ai pas eu une année facile. On m’a demandé de faire un résultat en double ; la pression était importante. 

Jérémie Mion : Le plus dur a été le report des Jeux, même si on l’a utilisé correctement. On est même sûrement plus forts. La difficulté est d’être à la fois physiquement fort et le plus léger possible. Il n’y a pas une journée où je ne pense pas à ça.

Alexis Hanquinquant : Le report des JO. J’avais le couteau entre les dents en 2020, j’avais toutes les armes. Maintenant c’est digéré. Il semblerait même que les voyants soient encore plus au vert.

Quand avez-vous décroché votre qualification pour les JO ?

Alexis Hanquinquant : J’avais validé mon billet pour Tokyo lors des Championnats du monde 2019.

Jérémie Mion : A l’été 2019, avec notre cinquième place au Championnat du monde sur le plan d’eau d’Enoshima au Japon, celui des prochains JO.

Margaux Bailleul : Le 16 mai dernier à Lucerne en Suisse lors de la "Regatte de la Mort", c’était la dernière chance de qualification pour les JO. J’étais partie sans pression, je savais la chance d’aller à Tokyo minime. En finale, on est sur le bassin, il n’y a pas un bruit, tout le monde est concentré. Et on fait ce qu’il faut, on a réussi à se mobiliser toutes les 4 en même temps. 

 

Combien y a-t-il de membres de l’Equipe de France dans votre discipline ?

Alexis Hanquinquant : On est une dizaine de paratriathlètes.

Margaux Bailleul : Nous sommes 9 filles et 4 garçons, c’est la première année qu’il y a plus de femmes que d’hommes.

Jérémie Mion : Staff compris, nous sommes 35 dont 15 athlètes hommes et femmes sur 470, planche à voile, laser, 49er… Je sors d’une semaine de cohésion dans le Vercors, il y avait un super état d’esprit, une belle entente.

Quel est votre pire ennemi ?

Alexis Hanquinquant

Les adversaires de 2021 ne sont pas les mêmes qu’en 2020. Le report des Jeux a rebattu les cartes. Un Anglais a validé sa qualification (Michaël Taylor) et un Américain (Eric Mcelvenny).

Margaux Bailleul

La colère. Quand ça ne va pas je m’énerve et ça m’éloigne de mon objectif. Je ne suis plus dessus à 100%. Seul, on peut se permettre de s’énerver contre soi-même, en équipe, c’est plus compliqué.

Jérémie Mion

Moi-même : mes idées noires et mes doutes. Mais je les connais bien, on en parle avec Kévin, avec ma préparatrice mentale et mon entraîneur, je suis bien armé.

Alors personne ne pourra vous accompagner à Tokyo ? 

Alexis Hanquinquant : Pas de proches malheureusement. Il devait y avoir 4 ou 5 supporters avec moi. Il y aura mon entraîneur, Nicolas Pouleau.

Margaux Bailleul : La Fédération. C’est un peu compliqué de ne pas avoir ses proches à ses côtés et les personnes qui m’ont vu grandir. Ça aurait été le petit plus.

Jérémie Mion : En voile on a l’habitude de ne pas avoir de public et j’ai l’habitude de ne pas avoir de proches sur les sites de compétitions, même si ceux-ci me suivent et m’encouragent.


Comment appréhendez-vous les contraintes sanitaires de ces JO et cette édition un peu spéciale ? 

Alexis Hanquinquant : Je sais qu’il y a une pression JO que je ne connais pas encore. C’est la course d’un jour. Pour les protocoles sanitaires, j’ai déjà fait cette année Yokohama et Leeds et j’ai bien digéré ces contraintes.

Margaux Bailleul : Personnellement ça ne me fait ni chaud ni froid. On sera dans notre bulle. En aviron, on est habitués à ne pas avoir beaucoup de spectateurs, ce n’est pas comme l’athlétisme.

Jérémie Mion : C’est sympa, les Jeux auront bien lieu. Nous arrivons le 12 juillet, commençons les épreuves le 28 et repartons le 5 août. Nous n’aurons pas le droit de sortir, l’équipe ce sera important, cela renforcera encore la cohésion.
 

Bleu, blanc, rouge ou léopard d’or sur drapeau rouge ?

Alexis Hanquinquant : Si j’avais les moyens de hisser les deux drapeaux, je le ferais. Je ne peux dissocier ma fierté d’être Normand de celle d’être Français. Les deux se conjuguent. 

Margaux Bailleul : C’est une grande fierté de représenter ma région, mon pays. Savoir qu’on a derrière nous des Normands, des Français, savoir qu’on est encouragé c’est important. On ne peut pas y arriver seul. Dans les moments les plus durs d’une course, c’est une force d’y penser. Ça peut donner un second souffle !

Un petit mot pour votre Région et la Team Normandie ?

Alexis Hanquinquant : Je souhaite aux autres qualifiés de la Team Normandie la meilleure réussite possible et à ceux qui n’y sont pas cette fois-ci de travailleur dur pour 2024. La mixité de cette Team, c’est ce qui fait sa force et la rend belle.

Jérémie Mion : Je pense notamment à Margaux qui est du Havre également. Je leur souhaite à tous de la force, de vivre pleinement le moment présent et de ne pas être spectateur de ce qui se passe. Il y a moyen de s’éclater. Je viens de repasser trois jours au Havre, c’est là que j’ai percé dans le haut niveau. Je suis fier de porter les couleurs normandes. 

Dialogue citoyen

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