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Andrew devant la bibliothèque Alexis de Tocqueville, située sur le port de Caen ©Eric Biernacki_Région Normandie

Andrew : Caen, par amour pour la France

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« Un jour, ce ne sera plus ma vie à la française, mais simplement ma vie. »

Andrew Walker, 28 ans, étudiant américain à l’INSPÉ Caen, Institut National Supérieur du Professorat et de l’Éducation

La galerie vitrée de l'Université de Caen est une vaste salle de 800 m2 qui relie les deux ailes principales du Campus ©DircomUnicaen

Andrew Walker a longtemps rêvé de la France, depuis son Kentucky natal. « Ma grand-mère était enseignante de français, mon père passionné par votre pays, c’était dans le sang depuis toujours ! » Adolescent, Andrew est fan d’un dessin animé français, Code Lyoco ; au lycée, il apprend la langue de Molière pour regarder des séries françaises. Une professeur « géniale » lui fait découvrir la littérature, le cinéma, la bande dessinée. 

Un essai d'1 mois avant le grand saut

« En 2016, j’ai eu l’occasion de partir en voyage scolaire pour visiter des villes françaises marquées par la guerre. » Sur le parcours, il y a Caen. L’étudiant américain découvre avec bonheur que son université, Northern Kentucky University – NKU, est partenaire de l’université de Caen Normandie ! À son retour, il s’inscrit dans un double cursus universitaire anglais et français. Mais comme les frais d’inscription à l’université américaine coûtent très chers (10 000 dollars pour les étudiants locaux), il ne prend que la moitié des cours et travaille à côté. En 2017, il a une fois de plus l’opportunité de venir en France pour un mois, à Paris. Pour lui, c’est le test. « Si je suis capable de vivre un mois à Paris, je pourrais rester beaucoup plus longtemps n’importe où ailleurs. » Un soir au restaurant, il croise une famille d’Américains non francophones, propose de jouer les guides dans la capitale. « Ah oui, c’est possible ! » me suis-je dit. Désormais, l’objectif d’Andrew est de décrocher un poste d’assistant de langue en France (programme TAPIF, teaching assistant program in France).

Le château de Caen relie l'Université au centre-ville de Caen ©Eric Biernacki_Région Normandie

« Aux Etats-Unis, tu existes pour travailler. En France, c’est l’inverse. » 

Une nouvelle fois, la chance croise sa route. Ses professeurs américains l’invitent à  poursuivre ses études à Caen, pour passer le DUEF, Diplôme universitaire d’études françaises (formation diplômante de perfectionnement à la langue française). En 2018, il a 25 ans. Il quitte son appartement, son job de bibliothécaire, sa famille et arrive à Caen à la fin de l’été alors que le campus est encore vide. Le coordinateur du programme d’échange international étudiant de l’université de Caen au Carré international, Cédric Guern, vient l’accueillir à la gare et le met en relation avec le CROUS qui lui propose un logement en cité universitaire. Les premiers jours, il reste dans sa chambre… Quelques semaines plus tard, c’est la rentrée universitaire. Il croise un étudiant américain qui lui fait visiter la ville et ce qui deviendra son QG : le Warpzone, un bar caennais où les étudiants étrangers se retrouvent autour d’un verre et de jeux vidéo. « Le jeu, c’est pour briser la glace, rencontrer des gens, même quand tu ne parles pas très bien français. » 

« Ici, je me sens vraiment moi-même. Aux Etats-Unis, tu existes pour travailler. En France, tu travailles pour exister, te soigner, te nourrir. Le travail est un moyen et non un but. »

Andrew

Au Warpzone, bar e-sport, Andrew retrouve de nombreux étudiants de toutes nationalités. ©Eric Biernacki_Région Normandie

Au bout de cinq mois à Caen, Andrew réalise qu’il ne retournera pas aux Etats-Unis. Il cherche comment rester en France, contacte le Carré international qui lui conseille de s’inscrire en licence d’anglais, en obtenant une équivalence de son niveau d’études aux Etats-Unis. Il rentre en L2 anglais, enchaîne sur un master LLCER anglais (langues, littératures et civilisation étrangères) en vue de devenir interprète. Mais son professeur de didactique le convainc de s’orienter vers l’enseignement. Justement, pendant deux ans, à côté de ses études, il travaille pour le programme Speak 14 du Département, comme assistant de langue dans un collège à Cabourg. Le métier lui plaît : il a trouvé sa voie. 

Le Carré international

Carré international - Maison des langues et de l'international à l'Université de Caen ©Dircom UniCaen

Le Carré international pilote les dispositifs d'accueil de l'ensemble des étudiants et chercheurs internationaux qui s'inscrivent à l'université de Caen Normandie. Il est doté d'un service spécifique, le pôle Support aux publics internationaux - SPI, qui accompagne les étudiants dans leurs démarches et leur installation à Caen : titres de séjour, logement, conseils vie étudiante (compte bancaire, assurances...).

Depuis septembre 2021, le Carré international a également ouvert un espace multi-services exclusivement dédié à ces publics internationaux au sein de la Maison des langues et de l'international, sur le campus 1 : l'espace AAPI (accueil et accompagnement des publics internationaux). En plus de l'assistance proposée par les chargés d'accueil et d'accompagnement du SPI et le centre de services Euraxess pour les chercheurs, ils y trouvent des espaces détentes pour se poser entre deux cours ou réviser, un libre-service informatique, un point d'impression et, tout au long de l'année, des ateliers et animations destinés à faciliter leur intégration administrative, sociale et culturelle.

Pour la partie logement, UNICAEN travaille avec le Crous Normandie. À la rentrée 2022/23, elle sera partenaire de Studapart, qui référencera sur un portail spécifique UNICAEN l'offre locale du parc de logements privés. Pour les étudiants en mobilité d'échange ou en formations de FLE (français langues étrangères), le Carré international travaille avec une association de familles caennaises.

Caen : une ville agitée la journée et tranquille le soir 

La première année d’études, Andrew touche une bourse de l’université américaine et une aide de l’Etat du Kentucky. Les deux suivantes, il travaille pour Speak 14. Avec l’aide de la CAF, il peut payer sa chambre universitaire et il lui reste suffisamment d’argent pour subvenir à ses besoins. Il apprécie de ne pas avoir à conduire de voiture pour se déplacer – « aux Etats-Unis, tu n’as pas le choix ! » - grâce au réseau de transport en commun.

Et de se sentir ici en sécurité, « dans une ville agitée la journée et calme la nuit ». Quand il rentre au Kentucky l’été 2019, il assiste à une fusillade en pleine rue… L’année du Covid sera plus difficile à passer pour lui. Plus de travail, une situation précaire. Mais il continue de toucher des aides sociales et des bons alimentaires que lui procure l’assistante sociale de l’université de Caen Normandie. Il ne retourne pas au Kentucky avant l’été 2021.

La Région Normandie avec l’Université de Caen Normandie

En attribuant un total de plus de 60 millions d’euros à l’Université de Caen Normandie, la Région a permis la rénovation du Bâtiment B du Campus 1, le financement de projets de recherche et d’innovation. Elle a également soutenu l’Université pour le renouvellement de ses infrastructures numériques (Wifi, salles de visio…), particulièrement en 2020 avec l’accélération des besoins en numérisation des formations dans le cadre de la crise sanitaire (dispositif RIN Actions Sup’).  

« Ne restez pas entre vous, sortez, rencontrez d’autres étudiants ! » 

À la rentrée, sa situation s’améliore nettement. Il commence un master MEEF, métiers de l’enseignement, de l’éducation et de la formation, à l’INSPÉ de Caen. La formation inclut des périodes de stages d’observation. Andrew, lui, travaille deux jours par semaine comme professeur d’anglais contractuel dans un lycée à Deauville. Dans le hall d’accueil de l’établissement figurent des photos de Lexington, au Kentucky. La ville est jumelée avec Deauville. Encore un signe. Andrew est aussi devenu étudiant-accompagnateur, rémunéré par le Carré international, pour accueillir et accompagner les étudiants anglophones. « Je fais ce que Cédric Guern a fait pour moi en arrivant. Et je dis aux étudiants américains : ne restez pas entre vous, sortez, rencontrez d’autres étudiants ! » 

Les pelouses du château de Caen, à deux pas du Campus 1, sont investies par les étudiants ©Eric Biernacki_Région Normandie

L’accueil des étudiants étrangers à l’université de Caen Normandie

L'université compte environ 2 900 étudiants internationaux inscrits en permanence dans ses différentes filières. La crise du COVID a fortement impacté la mobilité internationale (30 à 50 % d'étudiants entrants en moins), mais les courbes semblent repartir à la hausse pour la rentrée 2022/23.

Entre 800 et 1 000 nouveaux étudiants internationaux arrivent chaque année. Les 2/3 s'inscrivent dans des parcours diplômants (licence maitrise doctorat), le reste étant réparti entre les étudiants en mobilité d'échange, comme les étudiants Erasmus+, et les étudiants en apprentissage du français. 

Pays les plus représentés parmi les primo-entrants 2021 : 
Hors-UE : Maroc, Algérie, Sénégal et Congo
UE : Espagne, Allemagne, Grande-Bretagne et Italie
 

L’an prochain, Andrew souhaite poursuivre en master 2 et devenir professeur d’anglais. En Normandie, « car c’est la région qui m’a accueillie et je ne veux plus partir ailleurs. » Caen, « si proche de Paris et de l’Angleterre » ressemble par sa taille à Covington, sa ville américaine. Mais il a fini par l’aimer davantage. Il veut aussi demander la nationalité française, « pour travailler plus facilement dans l’Union européenne ou obtenir un visa dans certains pays où il n’est pas bon être Américain. » Franchement converti. 

Andrew étudie à la bibliothèque de l'Université de Caen ©Eric Biernacki_Région Normandie

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Université de Caen : 29 000 étudiants dont  2 500 étudiants internationaux de 120 nationalités
Un espace multi accueil pour les étudiants étrangers : le Carré International 

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