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Matériel, gares et infrastructures

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La Normandie ne manque pas d’ambition pour développer le ferroviaire et mettre en œuvre une alternative sérieuse au tout-voiture, en rendant le train plus accessible et pratique.

En 2016, l’Etat, la Région et SNCF Mobilités actaient le transfert de la compétence des lignes Intercités Paris-Rouen-Le Havre, Paris-Caen-Cherbourg/Trouville-Deauville, Paris-Evreux-Serquigny, Paris-Granville et Caen-Le Mans-Tours, de l’Etat vers la Région au 1er janvier 2020.

Première région à avoir obtenu ce transfert, en contrepartie d’un effort financier très important de l’Etat (1,4 milliard d’euros), la Normandie met ainsi tout en oeuvre pour que la situation ferroviaire s’améliore au plus vite :

  • 742 millions d’€ pour l’achat de 40 trains neufs Omneo Premium + 20 millions d’€ d’adaptation du réseau pour les accueillir
  • 500 millions d’€ de travaux pour remettre en état les infrastructures dégradées (voies, tunnels, ponts…), notamment vers Paris
  • 130 millions d’€ pour assurer en Normandie la maintenance des trains
  • Près de 80 millions d’€ pour moderniser et rendre accessibles les gares et pôles d’échanges multimodaux

A savoir

Hervé Morin, Président de la Région Normandie, a engagé le 21 août 2020 une procédure judiciaire contre SNCF Réseau.

La Région Normandie a également décidé de suspendre ses paiements à la SNCF jusqu’à ce qu’un plan d’actions crédible soit mis en place.

Le plan d'actions pour que cessent les dysfonctionnements subis par les voyageurs entre la Normandie et Paris a été présenté le 24 août 2020 lors d'une rencontre avec Jean Pierre Farandou, Président de la SNCF, puis le 22 octobre 2020 avec également Pierre Boutier, nouvellement missionné par le groupe SNCF pour redresser la performance du système ferroviaire en Normandie. 

Un plan d'action pour redresser la qualité du service ferroviaire

Un saut-de-mouton à Clichy pour améliorer les accès des trains à Paris Saint Lazare

La mise en place d'un saut-de-mouton - croisement dénivelé entre les voies ferrées, qui prendrait place à Clichy - est la solution la plus pertinente pour répondre au problème de densité des circulations et de cisaillements, qui perturbent la régularité des trains normands et franciliens. Le coût total de ce projet est estimé entre 160 et 200 millions d’euros. 

Les collectivités normandes se sont mises en capacité de porter financièrement ce projet, à hauteur de 50 %, aux côtés de l’Etat et de prendre en charge la part financière de l'Île de France, et éviter ainsi tout risque de retard dans le démarrage accéléré des études et des travaux correspondants. Sur ce montant, la Région prendrait elle-même 50%, les Départements 25 % et les Intercommunalités 25%. 

Depuis plusieurs semaines, le parc matériel normand est fortement en tension, en raison notamment des retards de livraison des rames Omneo par le constructeur Bombardier Transport (9 livrées sur les 25 attendues mi-octobre). Cette situation s’est trouvée aggravée par les impacts de la crise sanitaire ainsi que par plusieurs événements externes (tempête Alex, heurts d’animaux, autres incidents...) immobilisant 7 rames fortement capacitaires et entraînant des sous-compositions et des suppressions de trains.

Le plan de transport sur les lignes normandes s’en est trouvé lourdement affecté et les conditions de voyage se sont considérablement dégradées. Jean-Pierre Farandou, Président-Directeur général de SNCF, a donc présenté le 22 octobre 2020 un plan d’action SNCF visant à redresser rapidement la qualité du service ferroviaire pour proposer aux voyageurs des conditions de transport au niveau de leurs attentes et mieux les informer.

Améliorer la disponibilité du matériel et les conditions d'exploitation

     1. Trois rames TGV en renfort pour les lignes normandes 

En plus des 6 rames CORADIA LINER, en provenance de la ligne Nantes Bordeaux, mises en circulation en septembre, SNCF Voyageurs met à disposition de la Région Normandie 3 rames de son parc TGV pour renforcer, pendant plusieurs mois, les liaisons sur la ligne Paris-Rouen-Le Havre.

Une première rame TGV circulera dès le début du mois de novembre, complétée de 2 rames TGV à partir de mi-décembre. Cette mise à disposition durera 7 mois, jusqu’à fin mai 2021. Chaque rame, issue du parc TGV Atlantique, assurera 3 trajets par jour sur cet axe. C’est la 1ère fois en France que SNCF met à disposition sur une période de longue durée des rames TGV pour assurer l’exploitation de lignes régionales.
 

      2. Mobilisation spécifique des équipes de maintenance

Pour compenser le retard de livraison des rames Omneo, la SNCF a été contrainte de maintenir en circulation 41 voitures Corail et 5 locomotives au-delà des délais prévus. Dans ce nouveau contexte, la SNCF a mobilisé 50 agents supplémentaires au plan de marche initial dans les Technicentres de Normandie et de Clichy. Elle a également sollicité le soutien de 4 experts de l’ingénierie du Matériel de Saint-Pierre-des-Corps.

Par ailleurs, la mobilisation des équipes de maintenance de Sotteville et Caen a permis de réduire de 50 % les délais de préparation des rames Omneo entre la livraison par Bombardier Transport et la mise en service commercial.  3 nouvelles rames Omneo ont ainsi pu être mises en service le 16 octobre.
 

Fournir aux voyageurs une information directe et plus réactive

      1. Garantir une information en temps réel et de meilleure qualité grâce à de nouveaux outils innovants

  • À partir de novembre 2020, le Centre Opérationnel régional sera placé en contact direct avec les conducteurs de train sur l’axe Paris-Rouen-Le Havre pour partager l’information en temps réel. Par ailleurs, le centre sera équipé en 2021 d’un mur d’images reprenant toutes les indications indispensables à la prise de décisions permettant une information voyageurs plus réactive et plus fiable.
  • Les informations sur la composition en temps réel des trains sont rendues disponibles sur l’Assistant SNCF sur iPhone, et le seront sur Android au premier trimestre 2021.
  • À partir de décembre, les explications sur les motifs des retards seront rendues plus explicites et plus précises pour les voyageurs, afin de permettre une meilleure compréhension de la situation (mise à quai tardive, difficulté dans la préparation du train…).
  • De nouvelles applications internes sont développées pour assurer une saisie plus rapide des informations liées à une perturbation et ainsi informer les voyageurs dans de meilleurs délais, de façon fiable et cohérente. 
     

      2. Déployer des moyens humains supplémentaires dédiés à l’information voyageurs 

  • Un directeur de production dédié aux trains NOMAD a été nommé en octobre en gare de Paris Saint-Lazare pour mieux coordonner les mises à quai et le départ des trains, permettant une information plus anticipée pour les voyageurs en cas d’aléas.
  • 3 agents supplémentaires renforceront le Centre Opérationnel Escale (COE) de la gare de Paris Saint-Lazare en novembre 2020, dédiés spécifiquement aux annonces des trains NOMAD, en situation normale comme perturbée. Le COE est en charge 24h/24h et 7j/7du pilotage de l’information voyageurs en gare de Paris Saint-Lazare : gestion de l’affichage des trains au départ et à l’arrivée de Paris Saint-Lazare, des annonces sonores, coordination et gestion des agents sur le terrain (escale, sécurité, nettoyage…). 
  • Un coordinateur de l’information voyageurs intègrera, en décembre 2020, le Centre Opérationnel Régional à Rouen pour assurer la cohérence et la réactivité des messages à bord de l’ensemble des trains NOMAD, ainsi que sur les réseaux sociaux (@train_nomad). Le Centre Opérationnel Régional est la tour de contrôle en charge de la gestion opérationnelle et de l’information voyageurs des trains NOMAD en situation normale et perturbée.
     

      3. Renforcer la culture de l’information voyageurs à tous les niveaux

  • Des actions de sensibilisation auprès des agents des gares, des trains et des centres opérationnels sont lancées dès octobre 2020 ainsi que des formations complémentaires pour prendre la parole et garantir la cohérence entre les messages. Ces actions se poursuivront toute l’année 2021.
  • La prise en compte des attentes des voyageurs sera renforcée afin d’adapter l’information voyageurs en temps réel grâce aux signalements faits sur les réseaux sociaux.
  • En lien avec les associations, dès novembre 2020, les plus gros incidents ou anomalies feront l’objet d’un retour d’expérience précis, afin d’apporter des pistes de progrès concrètes et partagées.

L’ensemble des moyens humains supplémentaires et ces nouveaux outils vont permettre une meilleure information pour les voyageurs. En cas de perturbations, ils seront notamment mieux orientés vers des solutions alternatives, en particulier à Paris Saint-Lazare :

  • Information réactive à bord en cas de retard au départ d’un train,
  • Orientation vers le premier train utile au départ,
  • Accès facilité aux portiques Transilien en cas de changement de voie vers cette plateforme.
     

Améliorer la performance du réseau

       1. Une régularité accrue

Une « taskforce ponctualité » à Paris-Saint-Lazare est opérationnelle depuis le 19 octobre (sa mise en place, initialement prévue en décembre, a été accélérée). Elle aura pour mission d’améliorer la ponctualité au départ des trains normands en gare de Paris-Saint-Lazare, et in fine la régularité. 


       2. Une meilleure gestion des travaux

Un ensemble d’actions est mis en place pour assurer le bon déroulement des travaux de nuit et donc une reprise des circulations voyageurs à l’heure chaque matin. L’ensemble des travaux prévus en Normandie pour les six prochains mois va faire l’objet d’une analyse fine. Des actions pour sécuriser les chantiers les plus critiques seront mises en place (réaffectation de moyens, restitution du chantier en anticipation, renoncements …). Par ailleurs, pour chaque chantier complexe en Île-de-France et en Normandie, une organisation dédiée est mise en œuvre, avec notamment la désignation d’un chef de projet senior pour accompagner le pilotage de l’opération.


      3. La maîtrise de la végétation

L’équipe en charge de la végétation en Normandie a été renforcée dès cet été. La priorité pour l’équipe est de traiter dès novembre les zones les plus critiques de l’axe Paris–Caen–Cherbourg. L’objectif est de diminuer les incidents liés à la végétation sur le réseau et donc d’améliorer la régularité. 
 

Des trains neufs au confort proche des TGV

Afin d'améliorer les conditions de transport et de remplacer de trains à bout de souffle, la Région a commandé au constructeur Bombardier Transport 40 trains neufs Omneo Premium. Ils circuleront sur 3 axes – Paris-Rouen-Le Havre, Paris-Caen-Cherbourg et Paris-Deauville/Trouville – et seront mis en service progressivement au fur et à mesure de leur livraison et de leur homologation.

Ainsi jusqu’en juin 2020, ils ne rouleront qu’en heures creuses, le temps d’avoir une capacité suffisante pour circuler en heures de pointe (rames doubles). À partir de septembre 2020, les Omneo assureront 50% des trajets sur ces 3 lignes puis 75% en fin d’année et 100% au printemps 2021. Pour permettre à ces trains de nouvelle génération de rouler de manière optimale, certaines adaptations de voies sont nécessaires. En complément de ces investissements sur les grandes lignes, le matériel roulant TER bénéficiera lui aussi d’un programme de renouvellement et de rénovation planifié sur les 10 prochaines années pour un montant de près de 700 millions d’€.

Par ailleurs, 27 nouveaux trains (montant : 480,6 millions d’€), d’un niveau de confort très proche des 40 déjà acquis, circuleront à partir de 2025 sur les lignes régionales.

L'OMNEO normand en quelques chiffres

  • long de 135 mètres
  • composé de 10 voitures par rame
  • avec 427 places assises et 78 strapontins, soit 505 places
  • il roule à une vitesse maximum de 200km/h sur l'axe Paris-Cherbourg
  • et 160 km/h sur l'axe Paris-Le Havre

La maintenance en Normandie

Pour gagner en efficacité, la Région a aussi décidé de relocaliser toute la maintenance des trains en Normandie. D’où un vaste chantier lancé pour moderniser, agrandir et/ou rénover les technicentres de Sotteville-lès-Rouen (où un nouvel atelier est en cours de construction jusqu'en 2021), Le Havre, Cherbourg, Caen (un atelier d’une voie a été mis en service depuis juin 2020) et Granville. L’ensemble des matériels roulants normands est donc entretenu et préparé sur place et non plus sur Paris comme avant.

Avancement des travaux du technicentre de Soteville-lès-Rouen

Le technicentre peut dorénavant, en plus d’assurer la maintenance des rames Régiolis et TER2NNG, réaliser les opérations de maintenance des nouvelles rames « OMNEO » du constructeur Bombardier, ayant commencé à circuler sur le réseau Normand au début de l’année.

 

L’atelier de maintenance SNCF de Sotteville-lès-Rouen, par sa dimension, son emplacement et son programme, est un projet exemplaire : d’un coût de plus de 70,5 millions d’euros, il est financé à hauteur de 50 millions par la Région Normandie, 13 millions par SNCF, 7 millions d’euros par l’État, et 500 000 euros par la Métropole Rouen Normandie.

 

Avec la mise en oeuvre de 3 voies longues supplémentaires de maintenance et d’une voie de dépannage, les installations du Technicentre permettent désormais d’assurer la maintenance de l’ensemble des matériels longs ainsi que celle des matériels à un et deux niveaux. Ces nouvelles installations permettent, par leur conception et leur ergonomie (luminosité, confort, accès en toiture…), d’améliorer l’organisation de la maintenance en optimisant les délais d’intervention et en traitant davantage de rames simultanément. L’objectif est une meilleure disponibilité des trains pour les voyageurs.

 

Par ailleurs, ce nouvel atelier bénéficie d’avancées en matière de développement durable : une consommation de chauffage divisée par 5 grâce à une meilleure isolation ; un éclairage du bâtiment avec des ampoules LED ; une mise en place de bornes de recharge électriques sur le parking pour 8 véhicules et un réservoir de 40m3 permettant de récupérer les eaux de pluie pour nettoyer l’atelier.

Faire des gares des lieux de vie

Des aménagements sont également en cours ou programmés dans de nombreuses gares. Objectif : rendre l’ensemble des sites (bâtiments voyageurs, quais et accès, traversée des voies, parvis) accessibles aux personnes à mobilité réduite, conformément au Schéma d’accessibilité.

Plus globalement, il s’agit de faire des gares des lieux de vie à part entière, mieux intégrés à leur environnement et offrant un plus haut niveau de services (espaces de travail, accès wifi, connexion avec d’autres moyens de transport, parking à vélos…).

Parmi les réalisations récentes ou en cours : la rénovation et la mise en accessibilité de la gare de Lisieux, la rénovation globale de la gare de Rouen et de ses abords, le pôle d’échanges multimodal d’Yvetot, la gare touristique et éco-durable à Pont l’Evêque…

Opération travaux : moderniser le réseau

Parallèlement, la Région investit massivement dans la remise en état des « lignes de desserte fine », au plus près des territoires pour le transport des voyageurs comme des marchandises.

Exemples d’opérations en cours, pour la plupart financées à plus de 90% par la Région : Avranches-Dol, Flers-Argentan, Oissel-Elbeuf, Abancourt-Le Tréport, Bréauté-Fécamp (en partenariat avec l’Agglomération Fécamp-Caux-Littoral). Menée avec la Région Hauts de France, la réouverture de la ligne Beauvais-Abancourt-Le Tréport est un autre chantier important qui va s’achever progressivement entre fin 2019 et début 2020. 

La Région investit dans des infrastructures permettant le transport de marchandises par voies ferrées : plus de 89 M€ de subvention régionale dans le cadre des travaux pour la modernisation de l’axe Serqueux-Gisors (inauguration prévue fin 2020) ; plus de 5 M€ de subvention régionale pour les travaux de renforcement de la tranchée ferroviaire couverte de Rouen rive gauche.

Les travaux les plus importants et coûteux concernent la ligne historique Le Havre-Rouen-Paris, dont la dégradation a des répercussions sur l’ensemble du réseau normand. Programmés autant que possible la nuit et le week-end, ces travaux lourds entraînent des perturbations et des allongements de parcours qui vont durer encore plusieurs mois voire années. Les aménagements liés à la ligne Eole (qui prolonge le RER E jusqu’à Mantesla-Jolie) sont particulièrement impactants
mais ils sont indispensables pour préparer l’avenir, notamment pour réduire le bouchon du Mantois (causé par la confrontation entre les trains normands et les trains de banlieue).

Ligne nouvelle Paris Normandie

Depuis 2009, la Région et l’ensemble des collectivités normandes se mobilisent pour un vaste projet de modernisation du transport ferroviaire entre Normandie et région parisienne. Le Conseil d’Orientation des Infrastructures a retenu la création d’une ligne nouvelle entre Paris et Mantes dans les 9 projets prioritaires à réaliser à l’horizon 2030 au niveau national.

Cette nouvelle ligne, en attente de décision ministérielle, permettra, si cela est acté, de réduire, à l’horizon 2030, les temps de trajet entre Paris et Rouen à 1h, entre Paris et le Havre à 1h45 et entre Paris et Caen à 1h35.  Elle permettra également de libérer des capacités pour le fret ferroviaire des ports de Rouen et du Havre, en complément de la modernisation du tronçon Serqueux-Gisors.

La Région va par ailleurs financer les études d’aménagement des tronçons Rouen-Evreux et Rouen-Bernay, réalisations essentielles pour relier Rouen et Caen en moins d’une heure et améliorer encore les temps de parcours entre la capitale et la Normandie : 50’ entre Rouen et Paris, 1h30 entre Paris et le Havre, 1h20 entre Paris et Caen et 2h20 pour Cherbourg.

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