Ryes

Au nord-ouest du département du Calvados, non loin de la ville de Bayeux, le canton de Ryes s’étire sur 25 km le long de la côte. Ce territoire rural constitué de vingt-cinq communes offre des paysages d’une très grande variété : à l'est, de gros villages tassés surgissent d’une campagne découverte ; vers l'ouest, l'habitat est fragmenté entre hameaux et fermes isolées ; au nord, des falaises abruptes et un cordon de dunes basses séparant de grandes plages sableuses et des marais de roseaux marquent le littoral.

Réalisé entre 1987 et 1994, l’inventaire du patrimoine du canton de Ryes met en évidence ces paysages, ainsi que la richesse et la qualité des édifices qui les composent : abbayes et églises, manoirs, châteaux, fermes, maisons, granges et moulins, colombiers et lavoirs…

Dès le XIe siècle, un réseau serré de fiefs qu’atteste une abondance de manoirs et châteaux organise cet espace, qui fit partie des plus riches terres céréalières du duché de Normandie. L’architecture religieuse y est également bien présente, avec de très nombreuses églises romanes, souvent entourées de leur cimetière, plusieurs granges aux dîmes et de riches presbytères. Au XIXe siècle, le canton s'ouvre sur son littoral, pour accueillir les touristes parisiens amenés par la mode nouvelle des bains de mer : les stations d’Asnelles, Arromanches, Tracy-sur-Mer et Ver-sur-Mer voient alors fleurir de nombreuses villas qui rivalisent de liberté stylistique. Au cœur des opérations du Débarquement, il conserve plusieurs éléments du mur de l’Atlantique, dont la batterie de Longues, ainsi que le très célèbre port artificiel d’Arromanches.

Les différents édifices étudiés et photographiés par Pascal Corbierre et François Decaëns sont présentés dans la publication Ryes, un canton du Bessin : Calvados / réd. Bernard Ducouret, Service régional de l'Inventaire, éd. Développement culturel en Basse-Normandie, 1994. Coll. images du patrimoine.

Etude du patrimoine du canton de Ryes
Canton de Ryes : Tracy-sur-Mer, ferme de Vailly. L’organisation des fermes témoigne de l’activité céréalière intense jusqu’à la fin du XIXe siècle. Les bâtiments, impressionnants, s’ouvrent sur une cour fermée quadrangulaire. On reconnaît le logis du maître, la charreterie, la grange et les écuries
Crépon, ferme du Colombier. Construite au XVIIe puis agrandie et restructurée, elle rappelle que   l'élevage reste une activité importante de la région. C'est le sol calcaire qui fournit le moellon de construction, rarement recouvert d'enduit à l'époque. L'usage de l'ardoise pour les toitures des logis se répand au XVIIIe siècle
Saint-Côme-de-Fresné, moulin de type turquois dit la Masse de Fresné,. L’importante production céréalière rendait indispensable les moulins à farine, actionnés par l'eau ou le vent. Celui-ci, construit au XVIe siècle en calcaire et moellon, désaffecté au début du XVIIIe siècle, fut ensuite transformé en fabrique de jardin. On lui ajouta alors son toit conique en pierre
Esquay-sur-Seulles, château. Il a été édifié pour la famille de Pierrepont au début du XVIIe siècle. Le château était la demeure par excellence du riche seigneur, et attestait de l'étendue de son fief. Ici, la façade sur cour parfaitement symétrique, les deux ailes encadrant le logis central et le perron en fer à cheval donnent à la demeure un caractère très monumental
Tracy-sur-mer, château de la Noé, érigé vers 1742 et restauré au XIXe siècle. Il est caractéristique de l'architecture Louis XV : le pavillon central est surmonté d'un fronton triangulaire qui portait autrefois les armes de son propriétaire, le marquis de la Noé
Sommervieu, château (rue des Alliés). Fronton de la façade sur cour, début XVIIIe siècle. A cette époque, le logis en avant-corps est surmonté d’un fronton triangulaire qui sert d’écrin aux armoiries du propriétaire. Ici, un oculus a remplacé les armoiries, mais il reste l’élégant décor de palmes qui les encadraient
Longues-sur-mer, colombier du manoir Le Mesnil (XVIIe siècle). Privilèges nobiliaires par excellence, les nombreux colombiers attestent du réseau serré de fiefs dans le canton. Leur forme était caractéristique de la région : un gros cylindre sans couverture, revêtu intérieurement de boulins qui sont protégés par des pierres en tas de charge à son sommet
Vaux-sur-Aure, manoir d’Argouges ; sa transformation en ferme au XVIe siècle explique son exceptionnelle conservation. On trouvait les manoirs dans les fiefs de petite taille. Cependant ici, l'enceinte avec sa tourelle, baignée de douves, qui protégeait la résidence, fait de ce logis un véritable petit château fortifié
Sommervieu, manoir de Chedeville (XVIIe), façade sur cour remaniée au XVIIIe. La façade principale (sur cour) en moellon enduit est prolongée par un avant-corps en pierre de taille. Les toitures, en pavillon ou à longs pans, sont en ardoise
Longues-sur-mer, abbaye de Bénédictins Notre-Dame, fondée en 1168. L'église et les bâtiments conventuels construits en calcaire, pierre de taille et moellon n'ont cessé d'être remaniés jusqu'au XIXe siècle. De l'église originelle, bâtie sur un plan en croix latine, ne restent que le mur oriental du chœur et la tour lanterne. Les autres bâtiments, après avoir accueilli une exploitation agricole, sont aujourd'hui un gîte de vacances
Modifié le 22/09/2016