Rouen

Rouen

Ville de fond d’estuaire située sur un méandre de la Seine, Rouen a bénéficié de caractéristiques géographiques favorables à son développement. La cité ancienne s’est enrichie par ses échanges commerciaux terrestres, fluviaux ou maritimes.

Très tôt, la ville et son riche arrière-pays agricole ont joué un rôle stratégique

En 911, Rouen devient la capitale du nouveau duché normand, qui s’élargit en 1066 après la conquête de l’Angleterre par Guillaume le Conquérant. En 1204, Philippe-Auguste réintègre le duché dans le royaume franc. Du Moyen-âge à l’époque moderne, la capitale normande est la seconde ville du royaume. Ses forêts environnantes permettent un développement spectaculaire de l’habitat à pan de bois, les carrières de la vallée de la Seine livrant la pierre nécessaire à la construction d’édifices religieux et laïcs de prestige. Rouen est aussi une capitale institutionnelle, siège du Parlement de Normandie. Sa cathédrale affirme la puissance de l’archevêché, qui exerce ses prérogatives sur toute la province.

Au XIXe siècle, la vieille ville est considérée par les écrivains comme un rare témoignage du génie gothique en Europe. Pourtant, Rouen bat déjà au rythme de la modernité avec un port qui se transforme et accueille des navires à fort tonnage. L’industrie conquiert les marges de la ville et s’étend sur l’ensemble de la rive gauche. La morphologie de Rouen évolue, à la faveur de grandes opérations d’urbanisme telles que les percements de rues centrales. Les bombardements de la Seconde Guerre mondiale et les plans de restructurations modifient de nouveau, au XXe siècle, le visage de la ville.

L’abbaye Saint-Ouen

Dans le paysage rouennais, l’abbatiale Saint-Ouen rivalise avec la cathédrale Notre-Dame. Fondé en 553, le monastère bénédictin fait l’objet de donations royales et seigneuriales. Il se trouve bientôt à la tête d’un très riche patrimoine foncier à la campagne comme dans la cité, au point de devenir une véritable ville dans la ville.
L’abbatiale actuelle est le fruit de plusieurs campagnes de construction. Commencée en 1318, la nef terminée en 1537 s’étend sur 134 m de long et 33 m de haut laissant une place importante à la lumière sublimée par trois niveaux de verrières aux baies dessinées en style flamboyant.
Au XVIIIe siècle, les bénédictins de la congrégation de Saint-Maur reconstruisent le logis abbatial, transformé en Hôtel de Ville en 1803. Au milieu du XIXe siècle, l’architecte Henri Grégoire achève la façade de l’église.

Le lycée et la chapelle Corneille

A la frontière entre la cité médiévale et le quartier nord-est urbanisé par les couvents issus de la réforme catholique, l’ancien collège des jésuites marque, depuis plus de 400 ans, le territoire et l’histoire de la ville.

Le monumental portail d’entrée, les bâtiments d’une majestueuse rigueur qui encadrent la cour d’honneur témoignent de son importance durant l’ancien Régime : c’est alors l’un des plus fréquentés de France. Son église, édifiée principalement de 1615 à 1625, à l’exclusion de la façade achevée au début du XVIIIe siècle, est remarquable par son architecture et son décor, habile synthèse entre le gothique régional et les influences baroques ultramontaines.

L’expulsion des jésuites en 1762 ne clôt pas le destin de l’établissement qui, avec la loi de 1802, devient lycée, dénommé Corneille depuis 1872.

Les agrandissements et transformations de la seconde moitié du XIXe siècle, incluant des décors à la fresque signés Paul-Albert Baudoüin, structurent encore grandement la physionomie du site. Les interventions du XXe siècle se lisent essentiellement dans des bâtiments scientifiques. Avec le XXIe siècle, le lycée ajoute à sa vocation pédagogique pluriséculaire une vocation artistique et culturelle, l’église se métamorphosant en auditorium.

 

Le port

Ratumagus, nom gaulois de Rouen signifiant « le marché sur le fleuve », témoigne d’une précoce vocation maritime et commerciale de la ville qui a fait et constitue encore sa spécificité.
Tout en étant à 80 km de la mer, le port se classe 5e dans la liste des ports maritimes français tout tonnage confondu. Cette particularité s’explique par son positionnement géographique exceptionnel : il offre une interface entre le monde, la capitale française et un riche arrière-pays céréalier.
Son histoire traduit une adaptation constante du site aux exigences nouvelles de la navigation maritime et fluviale.
Installé au cœur de la ville sous l’Ancien Régime, le port est restructuré en aval à la fin du XIXe siècle pour répondre aux nécessités de manutention et de développement de son activité.
A la fin du XXe siècle, une nouvelle modernisation laisse un paysage de bassins, quais, entrepôts et hangars comme autant de marqueurs de l’histoire de Rouen. Depuis le début des années 2000, la conquête de ces espaces constitue le principal enjeu d’évolution de la ville s’articulant autour de la reconversion d’un espace de vie et de la conservation de son identité.

Le quartier Martainville

Le quartier Martainville, fondé à l’est de Rouen lors de la canalisation du Robec et de l’Aubette, s’est développé en lien avec l’eau, énergie motrice.
Occupé par des meuniers, des drapiers, des teinturiers et des tanneurs, l’ancien faubourg devient un quartier populaire et industrieux, noyau des révoltes et des épidémies au début du XIXe siècle. Apportées par l’ère industrielle, les réponses aux problèmes sanitaires et sociaux se traduisent par des opérations de rénovation du tissu urbain. Il s’agit de reconquérir et de remodeler un quartier proche du centre ancien, où apparaissent les prémices du logement social et de la reconnaissance du patrimoine.
Les opérations d’urbanisme qui se succèdent – assainissement au XIXe siècle, embellissement dans l’Entre-deux-guerres, Reconstruction et rénovation urbaine de l’après-guerre – ont fait du quartier un laboratoire d’urbanisme avant l’heure.
 

 

Modifié le 22/09/2016