Etudes en Seine-Maritime

Patrimoine industriel en Seine-Maritime, Elbeuf, vallée de Seine...

Culture et Patrimoine

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La reconversion du patrimoine industriel

A la suite d'un lent processus de reconnaissance, les monuments de l’industrie font maintenant partie de notre patrimoine. Mais que faire de ces usines, parfois gigantesques, après leur abandon ?

L’enjeu de la reconversion

Au-delà de leur sauvegarde, leur reconversion à de nouveaux usages offre la possibilité, non seulement de conserver la mémoire de l’activité passée, mais surtout de redonner vie à ces bâtiments tout en insufflant une dynamique nouvelle aux territoires dans lesquels ils s’inscrivent.

Des opérations pionnières et emblématiques

L’expérience de la reconversion a commencé dès le début des années 1980, dans le département de la Seine-Maritime, avec les transformations emblématiques des usines textiles Blin & Blin d'Elbeuf et Lucien Fromage de Darnétal en logements sociaux et en école d'architecture.

Un phénomène en expansion

Depuis plus de trente ans, le nombre et la diversité des reconversions montrent la grande qualité architecturale des sites industriels normands et leur formidable potentiel de recyclage.
Même si la  répartition géographique recouvre principalement les grands bassins industriels du Havre, d’Elbeuf et de Rouen, on trouve disséminés sur les cinq départements normands, des exemples remarquables de reconversions, témoins de cette nouvelle pratique promise à un bel avenir.

Les photographies de Denis Couchaux et Christophe Kollmann illustrent l'étude et la publication d'Emmanuelle Réal Reconversions, l'architecture industrielle réinventée, 2013.

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Le patrimoine industriel textile

La production textile (laine, lin, coton) est sans conteste l’activité prédominante en Normandie et notamment dans le département de la Seine-Maritime.

Une tradition lainière

Le travail de la laine, attesté à Rouen dès le XIIe siècle, connaît un développement spectaculaire à partir du XVe siècle dans les villes de Darnétal et d’Elbeuf notamment. La laine, importée d’Angleterre et d’Espagne par bateau jusqu’à  Rouen, permet une large production de draps fins et ordinaires. Si le filage et le tissage sont réalisés à domicile par une main d’œuvre rurale, la teinture, l’impression et les finitions s’opèrent à partir du XVIIe siècle dans des manufactures urbaines dont il reste encore les traces.

L’avènement du coton

Au XVIIIe siècle, le coton importé du Levant et des Antilles supplante la laine et devient le fer de lance de l’industrie textile normande. Profitant de l’impulsion et des innovations anglaises, la Seine-Inférieure est au début du XIXe siècle le premier département cotonnier de l’Empire. Très vite, de grands établissements de filature, de tissage et de cotonnades imprimées (indiennes) entièrement mécanisés s’implantent dans les vallées (Cailly, Robec, Austreberthe, Commerce…) et en milieu urbain. Les deux sites majeurs sont sans conteste les usines la Foudre (Petit-Quevilly) et Badin (Barentin) qui emploient à leur apogée plus de 2 000 ouvriers.

La fin du textile

L’activité textile s’effondre après la Seconde Guerre mondiale, sous le coup de la dernière grande crise du secteur. Cependant, il subsiste sur l’ensemble du territoire normand nombre d’édifices remarquables ou représentatifs qui témoignent de cette industrie phare du XIXe siècle.

Les photographies de Denis Couchaux et Christophe Kollmann illustrent l'étude d'Emmanuelle Réal.

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L'industrie drapière d'Elbeuf

En 1992, alors que ferme la dernière usine lainière d’Elbeuf, le service régional de l’Inventaire lance l’étude du patrimoine drapier de la ville, témoin d’une épopée industrielle sans-pareil.

Le temps des manufactures

L’activité drapière apparaît à Elbeuf au milieu du XVe siècle et connaît très vite un développement fulgurant. La création de la Manufacture royale des draps d’Elbeuf, en 1667, assoit la prospérité de la ville vouée toute entière au travail de la laine. A la fin de l’Ancien Régime, plus de 5000 ouvriers travaillent dans les manufactures et les petits ateliers urbains, pour le compte de 80 maîtres-drapiers.

Les usines mécanisées

Au XIXe siècle, l’activité s’intensifie avec l’avènement de la mécanisation. Elbeuf est une ruche 20 000 ouvriers (pour 200 patrons). La qualité des draps qui y sont fabriqués assure la renommée de la ville bien au-delà des frontières nationales.
La grande industrie

L’arrivée de fabricants alsaciens après la guerre de 1870 marque l’avènement de la grande industrie. De vastes complexes industriels complètement intégrés sont créés dans la ville, tels que l’usine Blin & Blin. Elbeuf compte alors parmi les plus importantes cités lainières d’Europe. Mais le déclin de l’activité au lendemain de la Première guerre mondiale annonce la fin de l’aventure dans les années 1970.
De l’étude… à la protection

L’étude menée par l’Inventaire a permis d’identifier 66 édifices drapiers  qui retracent l’histoire de cette industrie. Sur la base de cette étude, un travail de sélection réalisé avec le service des Monuments Historiques a abouti à la protection de six édifices emblématiques : les manufactures Delarue, Godet, Petou, Houiller et les usines Gasse-Canthelou et Fraenckel-Herzog (dont les chaudières ont été classées).

Les photographies de Denis Couchaux, Christophe Kollmann et Yvon Miossec illustrent l'étude et la publication d'Emmanuelle Réal Elbeuf, ville drapière, 2004

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L’industrie de la vallée de la Basse-Seine

Grâce à sa voie d’eau exceptionnelle, idéalement située entre Paris et la Manche et ponctuée de deux grands ports maritimes (Rouen et Le Havre), la vallée de la Basse-Seine s’impose dès la seconde moitié du XIXe siècle comme un axe majeur de développement industriel.

Le territoire de l’industrie lourde

En raison de sa situation stratégique, la Basse-Seine connaît à partir du milieu du XIXe siècle un développement industriel sans précédent. De nombreuses usines relevant de l’industrie lourde s’implantent le long de la Seine, sur sa portion maritime essentiellement. Chantiers navals et aéronautiques, centrales thermiques, distilleries d’hydrocarbures, usines d’engrais et d’armement sont les premiers à s’établir sur les rives du fleuve, qui assure leur approvisionnement en combustible et matières premières mais aussi l’écoulement de leurs produits finis.

Les complexes industriels modernes

L’avènement des grandes raffineries durant l’entre-deux guerres, puis de l’industrie pétrochimique dans les années 1950 consacre la vocation pétrolière de la Basse-Seine. Durant les Trente Glorieuses, les politiques de décentralisation industrielle et d’aménagement du territoire entraînent l’arrivée de l’industrie automobile et la création de vastes zones industrialo-portuaires. Parallèlement, de puissants terminaux maritimes, céréaliers et logistiques, voient le jour à Rouen et au Havre.

Le premier complexe industrialo-portuaire français

A l’issue de ce long processus d’industrialisation, la vallée de la Basse-Seine est devenue le premier complexe industrialo-portuaire français. Pour autant, ce territoire n’est pas un long boulevard industriel. Il demeure un site exceptionnel dont les magnifiques paysages servent d’écrin à des industries modernes non dénuées de valeur esthétique.

Les photographies de Denis Couchaux et Christophe Kollmann illustrent l'étude et la publication d'Emmanuelle Réal Le paysage industriel de la Basse-Seine, 2008

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