Patrimoine commémoratif de la Première Guerre mondiale

A l’heure où s’ouvrent les célébrations du centenaire de la Grande Guerre, le patrimoine commémoratif en demeure la trace la plus visible en Normandie.

Son étude est l’occasion de mieux comprendre l’expérience que fut cette guerre totale pour les 39 millions de Français de l’époque. Véritable passeur de mémoire, le patrimoine commémoratif nous renseigne à la fois sur les grandes étapes du conflit, sur les cultures politiques ou religieuses locales, sur la sensibilité locale et la volonté de mémoire.

Les monuments aux morts

Elevés pour rendre hommage à tous ceux morts pour la France, ils sont aujourd’hui des éléments familiers du paysage français. En Normandie comme partout en France, la presque totalité des communes en ont érigé un entre 1919 et 1939. S’ils se distinguent rarement par leur originalité ou leur esthétique (le contexte de leur réalisation ne s’y prêtait guère), ils n’en constituent pas moins de remarquables témoins de l’histoire des mentalités de l’époque.

Ces photographies mettent en valeur les principaux types de monuments aux morts, mais également leur caractère original et artistique (Photographies : Pascal Corbierre).

Patrimoine commémoratif de la Première Guerre mondiale : les monuments aux morts (ici celui de la Haye-Plesnel)
Bonnesbosq (14) : stèle monumentale en forme d’obélisque, réalisée en granit par l’architecte Charles Morin et le sculpteur Charles Jacquier. Inaugurée en 1920.
Cimetière de Deauville (14) : monument aux morts.
Gouvix (14) : monument aux morts en calcaire et pierre de taille, surmonté d’une croix de guerre.
Trouville (14) : sculpture en bronze (patiné de vert antique) d’Eugène Piron (1875-1928, grand prix de Rome et médaillé d'honneur de sculpture au Salon de 1920). Inaugurée en 1922.
Longues sur mer (14) : bas-relief en granit, réalisé par Henri Béchet.
Coutances (50) : le monument est à égale distance des 3 communes Coutances, Saint-Pierre de Coutances et Saint-Nicolas de Coutances, qui l’ont financé. C’est un groupe sculpté monumental en pierre grise, réalisé par le sculpteur E.J. Bachelet et l’architecte A. Le Dault. Inauguré en 1925 en présence du Maréchal Joffre.
Honfleur (14), place Albert Sorel : sculpture en pierre de Lorraine réalisée par Raymond Bigot, sur une stèle monumentale de l’architecte Paul Bigot. Inauguré en 1922 en présence du Général Mangin.
La Haye-Plesnel (50) : sculpture en bronze par E. Benet. Inauguré en 1921.
Saint-Marcouf (50) : sculpture en pierre adossée à une pyramide, réalisée par Jacquier (Caennais).
Argentan (61), jardin public : Monument composé d’un socle en calcaire orné d’un bas-relief, et surmonté d’une sculpture en bronze. Réalisé par les sculpteurs Carlo Sarabezolles et Paul Silvestre, et l’architecte ornais Félix Besnard. Inauguré en 1923 en présence d’André Maginot, ministre de la guerre.
Bricquebec (50) : groupe sculpté en bronze par Charles Desvergnes, sur un socle en granit orné de plaques de marbre noir. Inauguré en 1925.
Carentan (50) : sculpture en marbre et granit par Charles Tardy, sculpteur caennais. Inauguré en 1923.
Lisieux (14), jardin public : Sculpture en pierre réalisée par le statuaire Georges Verez, sur un socle en forme de tombeau où sont inscrits les noms des 648 victimes de Lisieux, Saint-Désir et Saint-Jacques. Inaugurée en 1923, en présence du général Gouraud, gouverneur militaire de Paris, figure de la colonisation française et héros de 14-18.
Condé-sur-Noireau (14) : sculpture en bronze accolée à une pyramide en pierre, réalisée par Gustave Gillot. Inaugurée en 1924.
Rectorat à Caen (14) : Monument aux Instituteurs du Calvados morts pour la France. Sculpture en bas-relief, réalisée en pierre de Lavoux par Albert Guérin (1874-1960), sur un entourage de plaques de marbre sur lesquelles figurent les noms de victimes. Inauguré en 1922.
La Ferté-Macé (61) : panneaux en haut-relief réalisés en granit des Vosges par le sculpteur Pierre Marcel, originaire de l’Orne (1897-1969). Inauguré en 1928. Monument édifié à la demande d’un collectif de mutilés et d’anciens combattants relayés par le conseil municipal.
Mortagne-au-Perche (61) : bas-relief en bronze sur une stèle monumentale en granit, par l’architecte (architecte). Inauguré en 1923.
L'Aigle (61) : sculpture en pierre accolée à une pyramide en pierre, réalisée par le sculpteur Aristide Rousaud. Inaugurée en 1921.
Deauville (14), square de l'église : sculpture en bronze et pierre réalisée par Max Blondat, d’après un modèle repéré par le maire de Deauville au Salon des Artistes français. Inaugurée en 1921 en présence du ministre des Colonies Albert Sarraut.

Les vitraux du souvenir

Installées dans les églises pour honorer les morts de la paroisse, les verrières apparaissent beaucoup plus rares dans notre région. Cette forme toute particulière d’art commémoratif tient sa spécificité de son caractère religieux, et de l’incursion du culte du souvenir dans l’art sacré du vitrail.

Ces photographies prises dans la Manche et le Calvados montrent  les caractéristiques majeures, l'aspect original et artistique de ces verrières  (Photographies : Pascal Corbierre, Manuel de Rugy, François Decaëns et Conservation des Antiquités et Objets d'Art de la Manche).

Patrimoine commémoratif de la Première Guerre Mondiale : les verrières dans les églises, ici détail d'une baie à Saint-Jean-des-Champs.
Saint-Sauveur-Lendelin (50), église Saint-Laurent, baie 115.
Saint-Denis-le-Gast (50), église Saint-Denis, baie 8 réalisée par Henri Mazuet. Inscription : « à nos chers soldats immortelle reconnaissance ».
Deauville (14), Saint-Augustin, baie 5.
Sommervieu (14), église Saint-Pierre et Sainte-Geneviève, baie 16, 1er quart du 20e siècle. Inscription « à ses héroïques soldats Sommervieu fidèle ».
La Feuillie (50), église Saint-Nicolas, baie 6, par Henri Mazuet, 1er quart du 20e siècle. Composée de deux lancettes surmontées d’un oculus.
Saint-Jean-des-Champs (50), église paroissiale Saint-Ursin, baie 6, probablement réalisée par George Merklen, 1922.
Saint-Jean-des-Champs (50), église paroissiale Saint-Ursin, détail de la baie 6, probablement réalisée par George Merklen, 1922.
Montsurvent (50), église Saint-Martin, baie 10 réalisée par Georges Merklen, 1923.
Saussey (50), église Saint-Martin, baie 1, détail du registre inférieur, œuvre attribuée à l’atelier Mazuet de Bayeux.
Le Teilleul (50), église Saint-Patrice, baie 23, exécutée à Paris par Mauméjean après la Deuxième Guerre mondiale.
Le Teilleul (50), église Saint-Patrice, baie 24, exécutée à Paris par Mauméjean, après la Deuxième Guerre mondiale.
Modifié le 08/11/2016