Des lycéens et apprentis normands en voyage d’études à Auschwitz

19 Janvier 2017
Jeunesse, éducation, apprentissage, citoyenneté, vie associative

A quelques jours du 72ème anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz, une délégation normande, composée de Denis Rolland, Recteur de la région académique Normandie, Recteur de l'académie de Caen, Chancelier des Universités, de Christiane Vulvert, Conseillère régionale de Normandie, d’Olivier Lalieu, Responsable de l’aménagement des lieux de mémoire et des projets externes au Mémorial de la Shoah, de 125 lycéens et apprentis normands de Caen (14), Dives-sur-mer (14), Evreux (27), Saint Hilaire du Harcouët (50), le Havre (76), Mont Saint-Aignan (76), s’est rendue, hier, en voyage d’études, au camp d’Auschwitz-Birkenau, en présence de Ginette Kolinka, survivante du camp.

« Si la part émotionnelle est une composante forte d’un tel voyage, l’objectif demeure avant tout de développer une réflexion sur ce traumatisme de l’humanité et de contribuer à la construction de la citoyenneté des adolescents» déclare Christiane Vulvert, Conseillère régionale de Normandie.

L’ex Région Basse-Normandie, en partenariat avec les autorités académiques, ainsi que le Mémorial de la Shoah et la Direction Régionale de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Forêt de Normandie, propose, depuis sept ans, un projet pédagogique mené par les jeunes sous la responsabilité de leurs enseignants. Le voyage d’étude à Auschwitz organisé par le Mémorial de la Shoah en est le temps fort. Le dispositif d’éducation mémorielle a été élargi, l’année dernière, à l’ensemble de la Région normande.

29 lycées et CFA ont répondu à l’appel à candidature lancé par la Région. Un jury associant les partenaires a sélectionné 7 projets.

Les jeunes élaboreront un récit, une vidéo ou encore production audio … en lien avec le voyage d’études et les témoignages de rescapés des camps. Ces réalisations seront présentées dans chaque établissement, puis le 17 mai au Mémorial de Caen.

Les projets des lycéens et de leurs professeurs avec l’appui du Mémorial de la Shoah

La classe de BEP Boulanger du CIFAC de Caen (14)

restituera, via une bande audio accompagnée d’une expo photo, l’histoire de la famille Kraemer, Jules, Irma et leur fils Kurt, qui a fui l’Allemagne nazie en 1938 pour se réfugier dans le Pays d’Auge, avant d’être arrêtée, déportée et assassinée à Auschwitz.

La classe de première année du CAP Bois du Lycée Jean Jooris de Dives sur Mer (14) réalisera un film d’animation sur Frania Eisenbach Haverland née en 1926. Elle vivait en Pologne où elle a été arrêtée en 1939. Toute sa famille a été exterminée dans les camps de la mort (Tans que je vivrai, éditions Edite - 2011). 300 lycéens divais ont rencontré Frania Eisenbach Hanverland.

Les Premières STI du lycée Louis Modeste-Leroy d’Evreux (27)

ont suivi le parcours d’enfants juifs d’Evreux durant la guerre, en particulier ceux qui furent cachés dans le lycée et dont certains ont été déportés à Auschwitz.

Les premières et terminales du lycée Léopold Sédar Senghor d’Evreux (27)

restitueront, sous la forme d’une émission de radio, leur travail autour de la problématique du témoignage avec, outre les échanges avec Ginette Kolinka, l’intervention dans la classe d’une rescapée, Ida Grinspan, et d’une historienne, Annette Wieviorka.

Les Premières du Bac Pro du Lycée Agricole de la Baie du Mont Saint-Michel de Saint-Hilaire du Harcouët (50)

prépareront des productions graphiques et des textes sur les traces de Ginette Kolinka, Simone Weil et Marceline Loridan-Ivens, toutes trois rescapées d’Auschwitz, où elles avaient été déportées par le même convoi. Ce travail sera aussi nourri par le point de vue d’une déportée non juive, en l’occurrence celui de Charlotte Delbo.

Les Premières du lycée Claude Monet du Havre (76)

ont effectué des recherches sur la vie de la communauté juive havraise avant la guerre et après la guerre, pour ceux des membres de la communauté qui ont échappé à l’extermination. Ils ont aussi suivi les destins de déportés au sein de cette même communauté.

Les Premières Bac Pro de l’IFA Marcel Sauvage de Mont Saint-Aignan (76)

relatent les rafles menées dans le « Grand Rouen » en mai et octobre 1942 à partir des procès-verbaux établis par les gardiens de la paix qui ont procédé aux arrestations. Une carte interactive sera élaborée.

Ginette Kolinka (née CHERKASKY)

Ginette Cherkasky est née à Paris en 1925. Son père Léon dirige un petit atelier de fabrication d’imperméables dans le quartier du faubourg du temple. Par peur des arrestations, la famille Cherkasky franchit clandestinement la ligne de démarcation au cours de l’été 1942 et s’installe à Avignon, où elle s’efforce de reprendre une vie normale.

Ginette travaille avec ses parents et ses soeurs sur les marchés. Le 13 mars 1944, en rentrant déjeuner, elle tombe nez à nez avec les agents de la Gestapo venus les arrêter. Elle est incarcérée à la prison des Baumettes, à Marseille, avec son père, son petit frère de 12 ans, Gilbert, et un neveu, Georges, âgé de 14 ans. Tous les quatre sont transférés au camp de Drancy le 2 avril, et déportés à Auschwitz le 13, au départ de la gare de Bobigny, dans un convoi de 1 500 personnes.

A l’arrivée à Auschwitz, son père et son frère, fatigués, montent sans le savoir dans les camions qui partent vers les chambres à gaz. Ginette fait partie d’un groupe de 91 femmes sélectionnées pour le travail, et reçoit le matricule 78599. Elle ne reverra plus Georges, son neveu, emmené au camp des hommes. Fin octobre 1944, elle est transférée à Bergen-Belsen, puis en février 1945 dans une usine de matériel aéronautique à Raguhn, près de Leipzig.

A l’approche des troupes alliées, le 13 avril 1945, elle est placée dans un nouveau convoi en direction du camp de Theresienstadt où elle tombe malade du typhus. Libérée par l’Armée rouge, elle est rapatriée à Lyon le 3 juin et rentre à Paris où elle retrouve sa mère et quatre de ses cinq soeurs. Léa, la mère de Georges, arrêtée à Paris et déportée à Auschwitz le 13 février 1943 par le convoi n° 48, n’a pas survécu.

La Shoah (Source Mémorial de la Shoah)

Près de 6 millions de Juifs d’Europe ont été victimes de la Shoah. Plus d’un million d’entre eux ont été assassinés dans le seul camp d’Auschwitz-Birkenau.

Sur les 300 000 à 330 000 Juifs vivant en France Métropolitaine en 1940, on dénombre 80 000 victimes. 55 000 étaient des Juifs étrangers, 25 000 avaient la nationalité française. 3 000 sont morts dans les camps d’internement français. 1 000 ont été exécutés ou abattus sommairement en France. 76 000 dont environ 11 400 enfants, 2 000 de moins de 6 ans, ont été déportés. Seuls 2 500 ont survécu.

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