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Web Summit 2022 : "La technologie déferle"

Président de Futur Composé (F/D) et à l’origine de l’application Dokki, Willy Leloutre-Got revient pour nous sur le Web Summit 2022, le plus grand salon tech organisé à l’échelle européenne. Quels enseignements en retirer, spécifiquement pour ce qui est de la formation professionnelle ?

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Vous étiez présent au Web Summit qui s’est déroulé à Lisbonne du 1er au 4 novembre dernier : quelles étaient vos motivations ?

Willy Leloutre-Got : Le Web Summit est un événement mondial, qui a réuni en 2022 quelque 70 000 visiteurs et 4000 startups issus des secteurs de la médecine, de la Fin Tech, de l’agriculture… Nous nous y rendons tous les deux ans afin d’effectuer de la veille stratégique et technique sur notre secteur, l’Ed Tech. Cette année, nous y étions pour la première fois en tant qu’exposant : nous y avons présenté Dokki, l’application que nous avons développée et qui accompagne la transition des organisations. Par ailleurs, nous œuvrons activement dans la transition des modèles de formation, avec notre partenaire le groupe IRFA Formation.

Que retenez-vous de ce salon ?

W. L.-G. : Je pose deux regards différents. En tant que développeur et technophile, j’ai découvert des technologies qui m’ont émerveillé, tout particulièrement en lien avec le métavers. Le champ des possibles est désormais très largement ouvert, et il va permettre de réinventer quelque chose de formidable. Certains usages sont très gadget, d’autres bien plus utiles – à l’image par exemple de la e-santé et des Green Techs, qui étaient très présentes lors de ce Web Summit. L’autre regard que je porte est celui de l’entrepreneur : sur ce point, j’ai été effrayé… J’ai pris conscience que les technologies de type Web 3, qui comprennent le métavers, arrivent bien plus vite que je ne l’avais pensé : d’ici deux à cinq ans, nous y serons… et les entreprises ne sont pas prêtes ! En revanche, les consommateurs vont modifier leurs usages très vite. Car ces nouvelles technologies vont apporter un plus à ces acteurs, notamment en termes d’accessibilité et d’immersion. Prenons l’exemple du handicap, des personnes isolées ou de celles qui font très attention à leur empreinte carbone : ici, le métavers est clairement une option intéressante. Il sera le nouveau moyen de communication et d’interaction au sens large pour les prochaines générations.

Quels impacts voyez-vous se profiler dans la formation professionnelle ?

W. L.-G. : Nous sommes confrontés à de nouveaux usages, mais aussi à de nouveaux métiers. Il nous faut des architectes designers XR par exemple, mais aussi des métiers qui ne sont pas vraiment à forte plus-value technologique. Je parle d’historiens, d’éthiciens, de cartographes, mais encore de stylistes d’avatars virtuels… Pour ce qui est de la formation professionnelle, je voudrais dire que l’immersif passera de plus en plus par l’émotionnel, grâce aux casques de réalité virtuelle. Ceux-ci parviennent à nous plonger dans un univers virtuel différent des mondes virtuels ouverts du moment, lesquels ne sont accessibles que sur un ordinateur de bureau. D’ailleurs, j’observe que ce choix de passer par l’ordinateur plus que par le casque privilégie l’accessibilité au détriment de l’émotion. Il faut également dire que les casques de réalité virtuelle sont chers, gros, encombrants, et ont donc des limites. De ce fait, l’émotion peine encore à se déployer – mais ce n’est qu’une question de temps. Je crois qu’en 2025 ou 2026 d’immenses progrès auront été réalisés, et que nos entreprises vont devoir s’adapter très rapidement. L’accompagnement et la formation n’ont peut-être jamais été aussi importants afin de conduire le changement. Il faut donc continuer d’investir dans la formation ! 

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Biais cognitifs : comment en prendre la mesure en formation ?

Propres de la nature humaine, les biais cognitifs peuvent être comparés à un itinéraire bis qui nous détournerait d’une pensée rationnelle ou logique. Difficile d’y échapper, y compris en formation. Comment faire pour les atténuer ?

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Définis comme une déviation dans le traitement cognitif d’une information, les biais cognitifs désignent un itinéraire détourné qui éloigne d’une pensée logique ou rationnelle. Ils constituent des schémas de pensée trompeurs et faussement logiques, et conduisent tout un chacun à poser un regard différent sur une même situation, et ont été particulièrement étudiés en psychologie cognitive ainsi qu’en psychologie sociale (notamment par le prix Nobel Daniel Kahneman, ou encore en lien avec la pandémie de Covid-19).

« Il existe des dizaines de biais cognitifs, et nous y sommes tous potentiellement sujets », rappelle Samuëlle Dilé, spécialiste en sciences cognitives et en pédagogie multimodale. « Ces biais ont un avantage : ils nous permettent de prendre des décisions rapides. Lorsque par exemple nous avons résolu un problème une fois, nous répliquons sa réponse car notre cerveau veut aller vite pour économiser son énergie. Mais cette médaille a aussi un revers : ne pas tenir compte de la singularité du contexte, de la cible, du changement d’objectif par exemple. »

Parmi la trentaine de biais cognitifs habituellement référencés, citons par exemple le biais de confirmation. Particulièrement opérant dans le cadre des fake news, celui-ci se caractérise par le fait de ne prendre en compte que les informations qui vont dans le sens de nos propres croyances, et à laisser de côté celles qui les contredisent. Citons également le biais de représentativité, raccourci mental qui consiste à porter un jugement à partir de quelques éléments qui ne sont pas représentatifs.

Comme les enseignants, les formateurs sont bien sûr sujets à ces éléments dans le cadre de leurs enseignements. Comment atténuer les biais cognitifs des personnes en situation d’apprentissage ? "Il faut impérativement faire basculer l’apprenant dans une dimension plus analytique où les capacités de  nuance, de relativité,  d’objectivité peuvent s’exercer", conseille Samuëlle Dilé. "Une représentation peut être déconstruite, questionnée, surtout collectivement. Placer plusieurs personnes en situation logico-déductive et les mettre en position de confronter leurs points de vue est une clé importante. Il faut néanmoins ici réunir trois conditions : bien désigner l’objectif, travailler dans un climat de confiance et donner une tâche suffisamment complexe. C’est par tâtonnement-erreur et découvertes que le processus itératif va pouvoir se faire, en faisant s’entrechoquer des expériences différentes."

L'intelligence collective et plus largement la pédagogie de groupe permettent de minimiser les impacts des biais cognitifs. Plus de confrontation, plus de sens critique développé… Ce levier peut être actionné par les formateurs, notamment avec le numérique. 

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