Caen

L’Abbaye aux Dames, un ensemble exceptionnel

Réhabilitée voilà près de vingt ans, l’abbaye bénédictine constitue un haut lieu de l’histoire bas-normande et l’un des édifices fondateurs de la ville de Caen. L’étude d’inventaire du site, engagée en mai 2013, a pour objectifs :

  • l’analyse scientifique des bâtiments et du parc de l’abbaye, de son emprise sur la baronnie de Saint-Gilles,
  • l’évolution du domaine, des origines au 21ème siècle, en portant une attention particulière sur les périodes classique, moderne et contemporaine, afin de déterminer l’impact des changements de dévolution successifs,
  • étude des objets mobiliers comprenant d’une part, ceux liés à l’histoire de l’abbaye, conservés ou non in situ, et d’autre part, ceux que le Conseil régional a acquis dans le cadre de sa politique d’ameublement et d’embellissement du domaine.

L’opération d’inventaire s’inscrit dans le projet de faire redécouvrir un fleuron architectural de la capitale régionale nouvellement labellisée Ville d’art et d’histoire.
Elle a donné à une publication destiné au grand public dont sont extraites les photographies de Manuel de Rugy :
 

Abbaye aux Dames. Le portique d'entrée de l'Hôtel-Dieu construit sur les plans d'Emile Guy (1837-1839) s'adosse à l'aile nord des anciens bâtiments conventuels. Il crée une nouvelle cour, isolant l'église de la Trinité autrefois intégrée au clos abbatial.
Abbaye aux Dames. Le transept de l'ancienne église abbatiale se raccorde à l'aile ouest des bâtiments conventuels par un vestibule. La tour de la croisée (XIe-XIIe siècles) a reçu un décor gothique tardivement.
Abbaye aux Dames. La Trinité christomorphe qui orne le tympan surmontant l'entrée principale de l'église  a été sculpté par Adolphe Louis Geoffroy-Dechaume (1860). L'artiste s'est inspiré d'un manuscrit médiéval alsacien dont les illustrations ont été rééditées au XIXe siècle.
Abbaye aux Dames. Le vaisseau central de l'église, a reçu un nouveau décor vers 1125-1130, ainsi qu'un voûtement sur croisée d'ogives rétabli par l'architecte Victor Ruprich-Robert dans le 3e quart du XIXe siècle.
Abbaye aux Dames. La dalle funéraire en marbre noir de Tournai est le seul élément subsistant du tombeau de la reine Mathilde. Décédée le 1er novembre 1083, elle se fit inhumer au cœur même de sa fondation selon une tradition familiale.
Abbaye aux Dames. Un arc fourré marque l'entrée de chaque bras du transept. Sur celui de l'est se détache un décor de bâtons brisés visible sur de nombreux édifices normands des XIe et XIIe siècles.
Abbaye aux Dames. Au travers du Triomphe de la Vierge (1ère moitié XVIIIe siècle), qui orne le cul-de-four de l'abside, Eustache Restout a voulu exalter la Trinité à laquelle l'église fut consacrée en 1066. Aidé de son atelier, il s'est inspiré de deux décors majeurs d'églises parisiennes.
Abbaye aux Dames. Le chevet de l'église, qui résulte de l'agrandissement du chœur vers 1120, condense sur trois niveaux la rhétorique décorative romane normande.
Abbaye aux Dames. La crypte, peuplée de colonnes aux chapiteaux stylisés, constitue la partie la plus ancienne de l'église (vers 1090). Elle servit initialement de chapelle sous le vocable de "Saint Nicolas soubs Terre".
Abbaye aux Dames. Les jardins plantés de quinconces s'étendent à l'est dans le prolongement des bâtiments conventuels. Ils ont été reconstruits dès 1698 sur les plans présumés de Dom Guillaume de la Tremblaie.
Abbaye aux Dames. Le limaçon et le cèdre, qui composent le Mont-Liban, furent plantés dans le 2e quart du XIXe siècle à l'instigation de la communauté hospitalière de l'ordre des Augustins.
Abbaye aux Dames. L'aile sud, élevée comme le reste du monastère dans un style classique sobre et élégant, surplombe le bourg de Calix qui relevait de la juridiction de l'abbaye de la Trinité. Elle offre un superbe panorama sur le port et la plaine de Caen.
Abbaye aux Dames. Un parterre à la française, planté lors de la campagne de rénovation du domaine (1983-1985), structure désormais la cour du cloître autrefois délimitée par un portail et des fossés secs à l'est.
Abbaye aux Dames. Morceau de bravoure architectural, l'escalier d'honneur déroule avec légèreté l'arabesque de ses volées divergeantes. Il est sans doute contemporain de la deuxième phase de travaux menés sur le projet de Jean-François-Etienne Gilet à partir de 1767.
Abbaye aux Dames. La galerie ouest du cloître se caractérise par un voûtement à arêtes doubles déprimé aux lignes rigoureuses.
Abbaye aux Dames. Un bassin circulaire occupe le centre de la cour d'honneur délimitée au nord par l'aile Sainte-Anne. Il s'agit de l'ancienne buanderie de l'Hôtel-Dieu édifiée sur les plans d'Emile Guy.

La préfecture

Le bâtiment de laHôtel de la préfecture du Calvados, l'enfilade des pièces de réception préfecture du Calvados offre un bel exemple de l'architecture publique néoclassique en Basse-Normandie.
Oeuvre majeure de l'architecte départemental Jean-Baptiste Harou-Romain, ce palais, qui comprend les appartements privés du préfet et les salles de réception, est achevé en 1822. L'aile administrative n'est réalisée qu'entre 1850 et 1857 sous la direction des architectes Paul Vérolles et Léon Marcotte. Ce dernier confie au sculpteur caennais Lechesne le soin de sculpter le portail monumental de la place Gambetta.

A l’intérieur, l’austérité du décor néoclassique dessiné par Harou-Romain à cédé la place aux peintures et dorures d’un faste tout impérial conçu par Marcotte.

Photographies de Pascal Corbierre et François Decaëns réalisées à l'occasion de la publication L'hôtel de la Préfecture du Calvados, Caen / réd. Hervé Pelvillain, Inventaire général du patrimoine culturel, 2000 - Coll Itinéraires du patrimoine, disponible en librairie.

Hôtel de la préfecture du Calvados à Caen
Hôtel de la Préfecture à Caen vers 1830 : peinture à la gouache de C.E. Le Nourrichel
Hôtel de la préfecture du Calvados à Caen : aile ouest depuis le jardin
Hôtel de la préfecture du Calvados à Caen : portail d'entrée
Hôtel de la préfecture du Calvados à Caen : les aigles du portail d'entrée
Hôtel de la préfecture du Calvados à Caen : les aigles du portail d'entrée
Hôtel de la préfecture du Calvados à Caen : niche sur l'avant-corps de l'aile nord
Hôtel de la préfecture du Calvados à Caen : le vestibule
Hôtel de la préfecture du Calvados à Caen : le salon doré

Église Saint-Georges au château de Caen

Eglise Saint-Georges au château de Caen

Attestée avant 1082, l’église Saint-Georges dans le château de Caen est reconstruite au tournant des 11e et 12e siècles, puis agrandie au début du 16e siècle, avec son portail côté sud. Quelques années plus tard, entre 1516 et 1524, le gouverneur du château, François de Silly, fait reconstruire le chœur, couvert de voûtes d’ogives et percé de baies au remplage flamboyant. Transformée en magasin à munitions après la Révolution puis endommagée, l’église conserve des traces de peintures murales. Classée Monument historique en 1997, elle s’apprête, après restauration, à devenir un pôle d’accueil des touristes au sein du château.
Plus d’information dans la base Mérimée

Campagne photographique d'Amélie Berthou et Patrick Merret en 2012 réalisée avant la restauration et l'aménagement de l'église Saint-Georges au château de Caen.

Eglise Saint-Georges au château de Caen (opération d'urgence avant restauration et aménagement)
Eglise Saint-Georges au château de Caen : portail sud
Eglise Saint-Georges au château de Caen : vue intérieure de la charpente
Eglise Saint-Georges au château de Caen : vue intérieure vers le choeur
Eglise Saint-Georges au château de Caen, verrière : la  vie de Guillaume le Conquérant
Eglise Saint-Georges au château de Caen, verrière : la vie de saint Georges. Détail : saint Georges terrassant le dragon
Eglise Saint-Georges au château de Caen : clé de voûte aménagée pour le passage d'une cloche
Eglise Saint-Georges au château de Caen : peinture murale
Eglise Saint-Georges au château de Caen : un des 25 modillons du mur nord
Eglise Saint-Georges au château de Caen, graffiti : soldat en tenue Napoléon III.
Eglise Saint-Georges au château de Caen : buste en bois sous la charpente
Modifié le 17/11/2016